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Témoignage – Léonie Greuillet

J’ai longtemps cherché… Dans différentes études, différentes professions, différentes expériences humaines, différentes parties du globe.

En quittant l’école Steiner de Chatou après la 10e classe en 2007, je ne me doutais pas encore de la richesse du monde. Je suis partie pour des études pratiques dans l’aide à la personne suivies de quatre ans à la fac. J’ai ensuite exercé dans des régions et activités professionnelles variées (médico-social, restauration, voyages dans le monde et bénévolat, saisons en école de parapente et en station de ski, fabrication et vente de bijoux).

Lors d’un stage organisé par l’association Carminem en 2012 dans l’Aude, un ami me parle pour la première fois de l’École de théâtre Actéon.

La description qu’on m’en a faite a ravivé ma première rencontre avec le théâtre qui a eu lieu à l’âge de onze ans ; j’avais joué dans la pièce adaptée du Petit Prince, puis à quatorze ans dans La Maison des Tempéraments de Johann Nestroy.

Ces deux expériences sont restées pendant des années comme deux parenthèses fantastiques suspendues, en attente secrète d’approfondissement.

Et huit ans plus tard, en 2020, le même ami me parle à nouveau de cette formation de théâtre. Oui, je voulais faire un peu de théâtre, mais de là à faire une école professionnelle…

Me voilà pourtant présente à la réunion d’accueil des élèves de première année six mois plus tard à Avignon, où je suis venue vivre pour commencer le cursus.

C’est parce que la Fondation Paul Coroze a soutenu mon projet, que je me suis définitivement résolue à m’engager dans cette formation. Quel heureux cadeau ! J’éprouve une grande gratitude pour ceux, celle ou celui qui, sans le savoir, a contribué à ce que mon entrée dans cette école ait été possible.

Ces quatre années à Actéon m’ont donné une nouvelle direction de vie, j’ai exploré les exigeants aspects artistiques et techniques du travail de l’acteur auprès de pédagogues hors du commun.

J’ai découvert ou approfondi de nombreuses pratiques telles que le théâtre corporel, le jeu du masque, la cascade burlesque, l’eurythmie, l’art de la parole, la lutte grecque, le jeu face caméra, les techniques d’apprentissage de texte, le lien corps-voix, le chant…

Nous avons eu l’occasion de nous produire dans de beaux lieux de la région d’Avignon : le Théâtre du 11, le Théâtre de l’Oulle, la Salle Tomasi, le Hangar-Théâtre… Et d’explorer une grande palette de styles allant de la comédie, la tragédie, la poésie, l’improvisation, le cabaret, au clown…

C’est par ailleurs dans cet inattendu et extraordinaire chemin du clown contemporain que j’ai tracé ma route : à la sortie de la formation en 2024, j’ai intégré la Compagnie du U, spécialisée dans l’art clownesque. « Le clown vers l’Humain » est l’axe artistique de la compagnie et en multiples points il rencontre mes aspirations.

Étudiants de 3e année dans Le Brechtiaire, 2023

Accompagnée et mise en scène par Charly Lanthiez (fondateur de la Compagnie du U et intervenant clown à Actéon), nous avons effectué un travail de recherche scénique et biographique de 9 mois pour faire naître mon solo de clown, Farouche, en juin 2025. D’une durée actuelle de 50 minutes et accessible à partir de huit ans, il est principalement à destination des adultes. Je peux y vivre et revivre avec le public les différentes facettes de l’âme humaine et les grandes questions qui m’habitent. Je pense que plus ou moins enfouies, ces questions nous habitent tous.

À ce jour, mon solo a été joué en région PACA aux festivals « Caumont On » et « Chez Vous » ; en version jeune public à l’école Steiner de Sorgues ; à la Maison Folie Rocade Nord d’Avignon ; au « Festival du U » et au festival de clown « Sorties de Piste ». D’autres dates sont à venir.

Et extraordinaire nouveauté pour la Compagnie du U et pour la diffusion de mon spectacle, nous avons fait l’acquisition d’un camion itinérant grâce au soutien financier de celles et ceux qui nous ont suivis dans cette aventure. Il s’agit d’un camion tractant une remorque qui se déplie en véritable théâtre de 49 places. Il va nous permettre de répondre à la double nécessité de diffuser une proposition culturelle jusque dans les zones rurales reculées et faire rayonner nos spectacles.

Théâtre déployé et détaché du véhicule moteur
Affiche : Jana Thoman

En parallèle de mon travail clownesque, nous avons, avec cinq anciens étudiants, joué l’été dernier au Festival Off d’Avignon.

Nous nous sommes produits sur les planches de la Cour du Barouf pendant 18 jours pour présenter une adaptation du Songe d’une nuit d’été en Commedia dell’Arte, travaillée lors de notre formation. Nous avons été mis en scène par Serge Ayala, ancien intervenant à Actéon.

Nous poursuivons l’aventure avec Les Fourberies de Scapin, en cours de préparation.

Merci à la Fondation Paul Coroze et au soutien qu’elle apporte aux formations liées à l’anthroposophie ; cela peut transformer
une vie.

Léonie Greuillet

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Image en-tête : Léonie Greuillet lors de son solo Farouche, photo : Christian de Héricourt