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Auteur/autrice : Sofia Lismont

Lucie Merguin-Dauvergne (1931-2023)

Lucie Dauvergne, donatrice et amie de la Fondation et du Foyer Michaël, nous a quittés dans la nuit du 7 au 8 avril 2023, dans la nuit du Vendredi au Samedi saints, elle avait 92 ans. Elle a, il y a quelques années, rédigé les grandes lignes de sa biographie dans un texte intitulé « Mon parcours terrestre ».

Lucie Merguin est née à New-York le 29 août 1931, sa mère était originaire de Fribourg, en Suisse, son père était alsacien ; tous deux avaient émigré aux États- Unis dans les années 20, ils revinrent en Europe en 1933, mais se séparèrent alors que Lucie n’avait que 4 ans. Elle ne revit jamais plus son père sauf une fois, la veille de sa mort. Et bientôt, sa mère, souffrant de graves grises d’épilepsie, dut la placer, telle une petite Cosette, déjà en piteux état de santé, en pension dans un petit village, en Suisse, chez des petits- cousins aux revenus modestes. Elle restera chez eux dix ans.

En 1939, la famille emménagea à Vevey. La maison avait le chauffage central, mais, du fait de la guerre, le bois manquait… Lucie avait le sentiment d’être une charge pour cette famille, et nervosité, angoisses et cauchemars l’assaillaient.

Une vieille dame chez qui elle va chercher des œufs la prend en amitié, et ses institutrices l’encouragent. Les belles fêtes religieuses de Noël, Pâques, l’Assomption la réconfortent. Les randonnées et quelques jours de vacances dans les montagnes la régénèrent. Bien que

cultivant une religiosité étriquée, et malgré les rationnements, sa cousine s’occupe bien d’elle.

À la fin de la guerre, on se préoccupa de retrouver ses origines. Elle reçut la nationalité américaine par sa naissance, suisse par ses origines maternelles, et plus tard française par sa naturalisation et son mariage. Cette triple appartenance lui donna un esprit de liberté et d’indépendance qu’elle garda toute sa vie.

À 15 ans, elle quitte la maison de ses cousins pour entrer dans une école ménagère, avant de travailler pendant quelques mois comme jeune fille au pair.

Peinture de Lucie Merguin-Dauvergne, Printemps

En décembre 1949, elle part pour New-York, elle a 18 ans. Elle est généreusement accueillie par des membres de la famille de son père, immigrés eux aussi. Elle travaille dans une riche famille, s’occupe des enfants, car elle doit rembourser son voyage ! Puis elle entre dans une institution pour jeunes filles, où elle découvre une biographie de Goethe qui l’impressionne beaucoup. Elle se procure le livre et le conservera toute sa vie.

Elle se cultive, fréquente les bibliothèques, suit des cours de musique, de littérature, de philosophie. Le jour de ses 20 ans, elle se fait faire son portrait chez un grand photographe !

Une profonde intuition lui permet de ressentir ce qui est juste pour elle, lui évitant des faux pas.

Par l’une de ses relations, elle rencontre la pensée de Rudolf Steiner. Elle s’intéresse aussi pour un temps rosicrucisme, mais des exercises  de mènent à certaines perceptions spirituelles qui la mettent mal à l’aise, aussi mit-elle un terme à ses pratiques.

Lucie Dauvergne à 30 ans

Ayant répondu à une petite annonce, et grâce à ses mensurations idéales, elle fut engagée comme mannequin dans la grande maison de couture Lord & Taylor. Lucie était en effet devenue « un beau brin de fille », elle fit ainsi son entrée dans le monde de la mode et du luxe et garda toute sa vie le goût et l’exigence d’une apparence agréable, d’une élégance sans excès, d’une tenue morale harmonieuse et maîtrisée.

En 1956, à 25 ans, elle rentre en Europe, retourne voir sa famille d’accueil et s’engage dans la société Nestlé, où elle travaillera 10 ans. Elle réfléchit beaucoup, cultive le pardon, réussit à créer une relation d’affection avec sa mère de substitution ; elle s’aperçut alors que cette femme avait elle aussi beaucoup souffert dans son enfance et sa jeunesse.

Plus tard, elle trouva un travail comme secrétaire bilingue dans une société américaine basée à Genève, Sylvania Lightnings, qui s’occupait des installations d’éclairage dans les entreprises. Elle travailla « dans la lumière », en quelque sorte, ce qui correspondait bien à son caractère et à son tempérament. Elle fut bientôt mutée à Paris, où elle fut généreusement accueillie par la famille d’une de ses amies.

À Paris, elle se lia à nouveau à la démarche anthroposophique. Elle fréquenta groupes d’études et conférences et devint membre de la branche Michaël à Paris. Elle se sentait, dans ce courant, parfaitement libre, notion si précieuse pour elle.

Au bout de quelques années, sa société déménagea dans le Val d’Oise, où elle l’a suivie, car elle souhaitait déjà vivre plus près de la nature.

Durant ces années, grâce à plusieurs amis et amies, elle put voyager en France et en Europe, s’intéresser à l’art, suivre des cours de peinture.

Bien que souffrant de nombreux problèmes de santé, elle réussit à se maintenir en assez bonne forme grâce à une saine hygiène de vie.

Après dix années à la société Sylvania Lightnings, elle travailla encore sept ans chez Polaroïd.

En passant en train près de Villers-sous-Saint-Leu, elle vit un panneau sur le toit d’un bungalow niché sous les arbres entouré d’un petit terrain qui était à vendre, elle se hâta de l’acquérir, le prix de l’immobilier était, à ce moment-là, modique ; son rêve se réalisait.

Mais les années qui suivirent furent difficiles, elle dut affronter une grande déception sentimentale et rechercher de nouveaux emplois, ce qui, du fait de son âgé, devenait de plus en plus difficile.

Enfin, par l’intermédiaire d’une amie, elle rencontra celui qui allait devenir son mari, Gilbert Dauvergne, qui était veuf depuis deux ans et s’occupait avec compassion de plusieurs animaux abandonnés. Lucie et Gilbert se marièrent six mois après leur première rencontre, ils vécurent seize ans de bonheur.

Tout en vivant dans la maison de Gilbert, on allait le week-end pique-niquer au bungalow, puis on entreprit de le transformer : le bungalow devint une petite « datcha », on ajouta une niche pour les chiens, un garage pour la voiture. Et puis, et puis…, on eut envie de vivre au plus près de la nature, et on se transporta tous, Gilbert, Lucie, les chiens, les chats, l’oiseau, à la campagne ; on s’installa définitivement dans la « datcha», pour vivre au grand air, entendre le chant des oiseaux, écouter le vent dans les branches des arbres, le jour cultiver son jardin, le potager, les fleurs et la nuit contempler les étoiles. On vit même une aurore boréale.

Ils firent aussi ensemble l’étude et la visite de la région : l’abbaye de Royaumont fondée par Saint Louis, le château de la reine Blanche de Castille, la cathédrale d’Amiens.

Gilbert mourut en 2001, mais Lucie avait la certitude de retrouver dans l’autre monde les êtres qui lui sont chers.

Lucie se retira alors dans une maison de retraite à Soisy-sous-Montmorency, où elle trouva à la fois la tranquillité dont elle avait besoin et la compagnie de plusieurs nouveaux amis. Se préparant au grand départ, elle sut mettre ses affaires parfaitement en ordre.

Sa personnalité si indépendante, sa liberté chèrement conquise n’étaient pas synonymes d’égoïsme : dans sa résidence elle était engagée dans la commission de vie et animait des groupes d’étude sur l’histoire de l’art, l’histoire, dont un sur l’impulsion des Templiers. Elle était aussi membre de plusieurs associations.

Elle fit don à la résidence d’un grand nombre des tableaux qu’elle avait peints au fil des années. Ils ornent les couloirs de tout un étage.

En soutenant la Fondation Paul Coroze ainsi que le Foyer Michaël par des dons réguliers, puis en instituant la Fondation légataire universelle, elle accomplit son idéal : être libre et apporter au mieux son aide afin que d’autres puissent être libres aussi.

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L’image en-tête : Lucie Merguin-Dauvergne en 2021

Évocation de Renée Richard (1908-2001)

Dans notre Appel aux dons de novembre 2022, le nom de « Mme Richard » a été cité.

Renée Richard, 16 juin 1908 – 3 février 2001, bien connue des amis parisiens comme « Mademoiselle Richard », a été durant plusieurs décennies le bras droit de Simonne Rihouët-Coroze en apportant son aide fidèle, efficace et infatigable à la Librairie Triades, à la Société anthroposophique et, bien sûr, à la Fondation Paul Coroze, où elle se chargeait de nombreuses correspondances avec les boursiers et leur faisait parvenir, en deux parties, en octobre et en février, la bourse qui leur avait été octroyée.

Sa première profession de kinésithérapeute la qualifiait pour apporter, dans les derniers temps de sa vie, tous les soins de santé nécessaires à Mme Coroze, qui disait d’elle : « C’est un puits de bonté sans fond. »

Renée occupa en rente viagère l’appartement situé rue Notre-Dame-des-Champs. Depuis de nombreuses années, ce lieu situé dans notre quartier si recherché rend de grands services à la Fondation et à la Société anthroposophique.

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Les images : Renée Richard en 1990

Témoignage de Martina

Je considère comme un cadeau incroyablement précieux le fait d’avoir pu expérimenter tant d’activités et de disciplines différentes et d’avoir pu apprendre tant de choses.

Que ce soit dans les conversations avec des personnes inspirantes, dans la gymnastique Bothmer, dans le modelage, dans l’art dramatique, dans la sculpture sur pierre, dans la cathédrale de Chartres ou dans les cours théoriques, j’ai pu emporter tant de choses pour moi, ce qui a énormément enrichi ma vie.

Les échanges et les liens étroits avec les autres étudiants du Foyer ont également été particulièrement importants. Tout ce que nous avons vécu et mis en scène ensemble a fait de nous un groupe unique et des amitiés merveilleuses et étroites sont nées, et j’en suis très reconnaissante.

En outre, j’ai beaucoup appris sur moi-même et je pense que chaque défi que j’ai relevé m’a fait grandir intérieurement.

Honnêtement, je n’aurais jamais pensé, il y a un an, que j’aurais un jour le courage de monter sur scène et d’interpréter une chanson seule devant un grand public.

C’était une année qui m’a vraiment aidé à trouver une orientation dans ma vie. Pour la première fois de ma vie, j’ai pu dire : « Je sais exactement ce que je veux étudier et je m’en réjouis. » Il s’agit des études d’enseignante Waldorf à Stuttgart (Allemagne), que j’ai commencées maintenant, après l’année au Foyer Michaël, avec beaucoup d’enthousiasme.

Tout ce que je peux dire, c’est que je vous suis profondément reconnaissante de m’avoir permis financièrement de vivre cette année inoubliable et magnifique !

Merci d’exister et de permettre à tant de jeunes d’entamer des formations anthroposophiques !

Martina R.

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Les images : Aude Carleton

Témoignage de Hannah

Je vous écris pour vous remercier de votre aide pendant les neuf mois que j’ai passés au Foyer Michaël. La liste des choses que j’ai apprises est tellement longue que tout raconter n’a pas de sens. 

En arrivant au Foyer, je ne savais pas ce qui m’attendait, et à certains moments j’étais très surprise par le contenu des cours, mais au fil de l’année, de petites perles quotidiennes de nature, de beauté et de qualité m’ont montré comment prendre le temps, me connecter avec mon intérieur et comment exprimer ce que je vis à ceux qui m’entourent. Et de même que ma relation à autrui a éclos, la couleur de mon dialogue intérieur a changé. 

Grâce à la chorale avec Lucien Defèche, j’ai pu développer des qualités d’écoute que je ne croyais pas possibles. Semaine après semaine, je me nourrissais du chant en chorale, où malgré les flots d’émotion qui me traversaient, je me sentais en sécurité et dans la lumière. Quel cadeau inattendu de pouvoir ouvrir mon cœur à des inconnus et trouver une harmonie commune.

En chantant, je faisais l’expérience de formes, de formes que nous modelions avec Jean Bacourt dans l’argile – des expansions ou des vibrations qui grandissent puis diminuent. Mes mains ont découvert des forces qui vibrent à leur rythme, cachées à notre vue et néanmoins perceptibles.

 

La gymnastique Bothmer avec Suzanne Fritz chaque matin m’a donné un rythme que j’avais attendu toute ma vie. Je me réjouissais d’écouter mon corps, de sentir mes forces physiques grandir, voire de toucher à des dimensions encore plus subtiles. Jamais mon corps n’avait été aussi stable et sûr.

J’ai tellement aimé ces trois éléments des cours reçus au Foyer, dans le cadre magnifique et paisible du Bourbonnais, où les légumes sur nos assiettes avaient été sortis le matin même de la terre, que je voulais prendre une deuxième année pour approfondir et découvrir les liens entre voix, corps et volumes. En même temps, en partant de Strasbourg pour le Foyer, je me suis rendu compte de mon besoin très fort de m’installer, de créer une vie autour de mon chez moi. Je souhaite néanmoins continuer à expérimenter le chant à la manière anthroposophique et me suis inscrite au nouveau cycle de chant Werbeck à Sorgues qui commence en octobre.

Hannah S. W.

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L’image en tête (eurythmie) : Aude Carleton ; Image dans les champs : “La biodynamie nous donne la patate” de Anouk Portenier ; image peinture : “La Peinture Sociale” de Ondine Gentaud

La formation Correspondance-Actéon

Les bourses et prêts pour les études de théâtre représentent chaque année une part importante des aides de la Fondation Paul Coroze. De plus, des changements importants ont eu lieu en ce qui concerne les responsables, le lieu de la formation, le nom. Nous avons donc demandé à Correspondance-Actéon de se présenter.

L’école de théâtre Actéon est une formation professionnelle fondée en 2009 à Arles avec le soutien des éditions Actes Sud et implantée actuellement en région d’Avignon. Depuis 2021, l’association Correspondance assure la gestion de l’école. Thomas Daviaud en a repris la direction pédagogique et le Hangar-Théâtre à Sarrians près d’Avignon est devenu l’espace de travail principal d’Actéon.

Actuellement Actéon forme deux promotions, une première et une troisième année. Nous prévoyons d’ouvrir une nouvelle promotion en octobre prochain, ce qui conduira l’association à planifier trois promotions en parallèle. En effet, le nouveau concept de l’école organise la troisième année sur deux ans, afin de favoriser l’accompagnement des étudiants dans la vie professionnelle (création de compagnies de théâtre, auditions et castings, aide à la diffusion, ouverture à l’art social, etc.).

Actéon propose donc actuellement un cursus complet de formation au métier d’acteur en quatre ans, à raison de cent jours de cours minimum par an les deux premières années et soixante jours de cours les deux dernières années, auxquels s’ajoutent les mesures d’accompagnement à l’insertion professionnelle.

D’autres changements ont vu le jour depuis bientôt deux ans : système d’évaluation, réunions pédagogiques, projets professionnels, implication d’anciens étudiants pour assurer la pérennité de la formation et, selon les vocations, développement de compétences plus spécifiques afin de prendre le relais au sein de certaines institutions anthroposophiques (par exemple à Didascali, à l’Institut Rudolf Steiner et à l’école Steiner-Waldorf de Sorgues).

Cependant, l’identité d’Actéon repose toujours sur les mêmes fondements pédagogiques mis en place par l’ancienne direction (Wilhelm Queyras et Marie-Pierre Strano) : le Cours aux acteurs de Rudolf Steiner, l’intégralité des concepts et techniques apportés par Rudolf et Marie Steiner en art de la parole, une pédagogie basée sur la nature humaine et une approche spirituelle des outils comme des enjeux propres à la création dramatique. L’eurythmie, quant à elle, continue d’être présente dans notre cursus à travers les interventions d’Emilio Federico Lucia, formateur à Correspondance-Eurythmie.

En 2023, l’école Actéon c’est :

• une approche pédagogique originale, « l’imagination par l’action », fondée sur les impulsions de Rudolf Steiner, et développant les travaux de nombreux praticiens du théâtre comme Mikhaïl Tchekhov, Keith Johnstone, Eugenio Barba, Constantin Stanislavski, etc.,

• un focus spécifique sur l’art de la parole sous toutes ses formes,

• des partenariats privilégiés avec le milieu professionnel d’Avignon (La Factory),

• des cours dispensés par une douzaine de professionnels confirmés et en activité,

• une dizaine de productions artistiques par an, donnant lieu à chaque fois à trois représentations publiques minimum,

• une progression organique, favorisant la cohésion pédagogique et la transversalité dans l’approche des disciplines,

• des scènes ouvertes organisées par les étudiants, régulières,

• des stages d’approfondissement technique dans de nombreux domaines (clown, mime, commedia dell’arte, écriture- plateau, masque, théâtre psychologique, mise en scène, caméra,…).

L’association Correspondance

L’association Correspondance a été fondée en 2015. Actuellement, l’association coorganise deux formations artistiques (théâtre et eurythmie), certaines initiatives liées à la branche locale de la Société anthroposophique, une partie des activités culturelles de l’école Steiner-Waldorf, des ateliers artistiques pour enfants et adultes (cirque, conte, chant, capoeira, eurythmie, modelage…), un travail artistique autour du lien avec les défunts (depuis 2009), des formations liées au réseau Solaris, des rencontres d’art- thérapeutes, des résidences de création pour les artistes, des expositions de peinture, des concerts, un cycle de projection de films, et, bien évidemment, des spectacles.

Au cours de la saison 2022-23, l’association aura accueilli au moins 60 représentations publiques, que ce soient des productions directement ou indirectement liées à l’association ou des productions itinérantes, comme le spectacle des élèves de la 4e année de l’École d’eurythmie dans l’Allier en juin.

L’association est gérée par un conseil d’administration dont font partie les membres porteurs de chacune des formations professionnelles, une trésorière, ainsi que quelques membres particulièrement actifs. Ce collège de direction s’appuie sur l’aide ponctuelle de nombreux bénévoles. L’association compte actuellement 500 adhérents environ, mais n’est malheureusement pas en mesure d’embaucher ne serait-ce qu’à mi-temps une ou deux personnes pour assurer le bon fonctionnement de la structure, tant sur le plan administratif que sur le plan opérationnel.

L’association porte pour l’avenir trois objectifs principaux :

• Développer et élargir l’offre pédagogique au niveau des arts jusqu’à créer une école d’art d’orientation anthroposophique. Une formation en week-ends aux arts plastiques devrait voir le jour en septembre 2023. Et nous aimerions ouvrir progressivement de nouveaux départements comme la musique et la sculpture. Étant limités en termes d’espace et d’autorisations légales, nous pouvons envisager sur le long terme de développer nos activités sur un autre site qui serait mis à notre disposition.

• Ouvrir des modules d’art social associant différentes disciplines avec des options spécifiques en fonction des objectifs professionnels et des publics ciblés : orientation et insertion professionnelle, art-thérapie, éducation culturelle, accompagnement à la vieillesse et « art funéraire », créativité et « design social »…

• Créer des partenariats et tisser des liens avec des structures portant des valeurs et des objectifs similaires aux nôtres. Favoriser la coopération, la recherche et l’innovation dans le domaine des arts, du social, de la santé et de la pédagogie

Le Hangar-Théâtre

Le Hangar-Théâtre a pu accueillir depuis 2016 les projets de théâtre des 8e et 11e classes de l’école Steiner-Waldorf de Sorgues, des fêtes de saison, des résidences d’artistes, des hommages funéraires et des stages artistiques.

Les conditions étaient précaires : une trentaine de fuites par le toit, de petites inondations régulières par le bas, une scène à même la dalle en béton, et aucune isolation, ce qui limitait à six mois par an la possibilité d’y travailler.

Depuis 2020 de grands travaux ont été lancés grâce à des chantiers collectifs, des financements participatifs et des investissements personnels conséquents de la part des fondateurs de l’association, Marie-Luce Djebli et Thomas Daviaud : réfection complète de la toiture, isolation, gradins, plancher de scène, construction d’un préau, d’une cuisine, d’une loge pour les artistes, mise aux normes de sécurité des accès, du système électrique, etc.

Ces gros travaux (plus de 150 000 €) ont permis d’utiliser le lieu à l’année et de répondre à la dynamique en plein essor de l’association.

Pour l’équipe de Correspondance
Thomas Daviaud
contact@correspondance.xyz
06 74 86 12 51

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Toutes les images de cet article sont d’Elia Rossa

Projet de vidéos « Quand l’esprit transforme la terre »

Chers amis de la Fondation,

Nous sommes heureux de vous annoncer un projet ambitieux sur lequel nous travaillons actuellement : une série vidéo intitulée « Quand l’esprit transforme la terre ».

Cette mini-série en quatre épisodes de 10 à 15 minutes chacun proposera un regard sensible et poétique sur la réalité de l’anthroposophie dans diverses professions et domaines d’activité : la pédagogie, l’agriculture, les arts, la pédagogie curative. Des portraits de lieux et de personnalités liés à ces domaines d’activité montreront la réalité concrète de l’approche anthroposophique dans différents métiers.

Nous sommes heureux d’avoir à la réalisation Alain-Michel della Negra et Kaori Kinoshita-Negra, réalisateurs expérimentés et reconnus pour leur travail d’immersion. La série sera disponible en accès libre sur YouTube à partir de l’automne 2024, touchant ainsi le plus large public possible.

Image : Alain-Michel della Negra et Kaori Kinoshita-Negra en 2017. Crédit photo : Epicentre Films

C’est là que nous avons besoin de vous. Le budget total pour réaliser ce projet est de 40 000 euros. Nous invitons chaleureusement nos amis et soutiens, comme vous,
à contribuer à ce financement. Chaque don, quel qu’il soit, compte énormément pour nous. Les donateurs pourront, s’ils le souhaitent, figurer au générique (à partir de 500 euros pour les personnes privées, 1 000 euros pour les institutions) et tous seront invités à une première à Paris.

Pour soutenir ce projet, vous pouvez effectuer un don avec la mention « Mini-série documentaire » sur le compte bancaire FR76 3006 6106 2100 0104 6260 357, dont la Fondation Paul Coroze est le titulaire. Nous vous rappelons que les dons à la Fondation Paul Coroze bénéficient d’avantages fiscaux significatifs.

 

>>> faire un don <<<

 

Nous croyons fermement à l’importance de ce projet pour la perception de la réalité de l’anthroposophie en France et par là à sa contribution aux buts de la Fondation Paul Coroze.

Un grand merci pour votre soutien !

Si vous avez des questions ou souhaitez discuter de ce projet, n’hésitez pas à nous contacter.

Bien amicalement, pour le conseil de la Fondation Paul Coroze,

François Lusseyran et Jonas Lismont

Rapport annuel 2022

 

>>>Feuilleter le rapport annuel complet (PDF)<<<

Les aides aux étudiants

Avec 91 220 €, contre 84 800 € en 2021, le volume des bourses a légèrement augmenté, alors que le nombre de bénéficiaires a légèrement baissé, de 57 à 51. En revanche, l’octroi de prêts a très fortement diminué : 28 880 € à 29 étudiants contre 68 040 € à 57 étudiants en 2021. Du fait surtout de la chute des prêts, le nombre d’étudiants aidés est passé de 88 en 2021 à 59 en 2022, dont un en 2 disciplines. On constate par contre une forte augmentation de l’aide moyenne (2 036 € contre 1 737 € en 2021).

Fin 2022, le total des encours de prêts s’est élevé à 237 571€, en baisse de 41 941€ par rapport à 2021 (279 512 €).

Les dons

Avec 64 981 € de dons « courants », contre 82 772 € en 2021, 2022 a été une année maigre. Les dons orientés plus spécifiquement vers le Foyer Michaël sont aussi en recul (2 450 € contre 3 275 € en 2021). Le nombre de donateurs a également baissé, de 153 à 139. En comparant ces dons au montant total des bourses attribuées, on voit qu’une part importante a été prise en charge par la Fondation.

Nous sommes d’autant plus reconnaissants à l’association belge Centre Émile Verhaeren, qui a décidé de faire un don exceptionnel de 100 000 € à la Fondation. Avec 7 autres associations, les dons d’associations se sont ainsi élevés à 104 280 €, les dons cumulés de nos 129 donateurs particuliers à 53 701 €, à quoi s’ajoutent encore les dons de 2 entreprises pour un total de 7 000 €.

Nous remercions très chaleureusement tous nos donateurs pour leur soutien à l’action de la Fondation. N’hésitez pas à parler de la Fondation autour de vous, nous cherchons toujours de nouveaux donateurs.

Autres postes et résultat

Grâce aux activités au Centre Coroze gérées par Maryse Rouzès, le total des loyers encaissés a continué à augmenter significativement

(117 125€ en 2022, 99 029€ en 2021, 85 562 € en 2020). Avec des charges immobilières à 34 148 € (contre 33 396 € en 2021), le revenu immobilier net s’est élevé à 82 977 € (contre 65 633 € en 2021). Les placements financiers ont rapporté 22 397 € (contre 18 569 € en 2021). Le résultat consolidé (siège et Foyer Michaël) est de 31 511 € (-118 906 € en 2021).

Valorisation du bénévolat

Le travail bénévole des membres du conseil a été valorisé à 81 000 €.

Rencontre avec d’autres fondations anthroposophiques européennes

La rencontre prévue à Paris en février 2021 dans les locaux de la Société anthroposophique a dû être reportée à 2022 en raison de la Covid-19. Elle a eu lieu les 4 et 5 février. Neuf invités ont participé en présentiel et trois à distance. Ensemble ils ont représenté onze organisations, deux allemandes (Freunde der Erziehungskunst et StArt International), deux néerlandaises (IHF, Internationaal Hulpfonds, et Iona Stichting), une suédoise (Fondation Sofia), une suisse (Fondation Acacia), ainsi que IASWECE (International Association for Steiner/Waldorf Early Childhood Education), la Section pédagogique du Goetheanum, le Cercle de la Haye, la Fédération des Écoles Steiner-Waldorf en France et le mouvement de pédagogie curative. Étaient bien sûr aussi présents plusieurs membres du conseil de la Fondation Paul Coroze.

Ont été évoqués entre autres les difficultés de l’éducation Steiner-Waldorf dans certains pays en développement du fait des fermetures Covid, des critiques auxquelles le mouvement anthroposophique doit actuellement faire face, notamment en Europe, la formation des professeurs Waldorf et les salaires qui sont trop bas…, des problèmes dans diverses régions du monde liés au prix du foncier.

Évelyne Guilloto a présenté des biographies très documentées de Paul Coroze et de Simonne Rihouët-Coroze, et, avec François Lusseyran, un apport sur la situation spirituelle de la France. Le vendredi soir, Clément, Lucien et Marie Defèche ont donné un spectacle de chansons françaises, que nos hôtes ont tout particulièrement apprécié.

En 2023, dans un souci d’économie des forces, nous avons décidé de ne pas participer à la rencontre qui s’est déroulée à Järna en Suède.

Le conseil

Au 31 décembre 2022, les administrateurs de la Fondation Paul Coroze personnes physiques étaient François Lusseyran (président), Maryse Rouzès (vice-présidente), Jean Steinacher (trésorier), Jonas Lismont (trésorier adjoint), Évelyne Guilloto (secrétaire), Vivien della Negra, Alain Tessier et Dominique Schalck.

François Lusseyran,
Évelyne Guilloto et
Claudia Achour

La rose est sans pourquoi, elle fleurit parce qu’elle fleurit

Évocation de Pierre della Negra

Dans le calme et entouré de ses proches, Pierre della Negra a achevé sa vie terrestre le 4 octobre 2022, à l’âge de 83 ans. Un personnage important de l’anthroposophie française nous a ainsi quittés en douceur, laissant derrière lui une création remarquable : le Foyer Michaël.

Quiconque connaissait Pierre, pour avoir été son élève, son collaborateur ou son ami, ressentait qu’il avait l’air de vivre plus proche du monde de l’esprit que du monde terrestre. Lorsqu’il donnait des cours, ou simplement lorsqu’il réfléchissait, tout un monde étoilé semblait se refléter sur son grand front, marqué de nombreuses lignes animées. Pierre était sculpteur de formation, mais il sacrifia cette vocation artistique pour devenir l’enseignant d’une anthroposophie originale, pétrie de sa personnalité. Il disait que la sculpture lui avait appris à penser. Pierre passait des heures dans son bureau à faire des recherches, mais personne ne savait exactement sur quoi portaient ses travaux. Il disait travailler sur les corps platoniciens ou la géométrie du contre- espace, mais il n’a laissé aucun écrit derrière lui. On ne trouve rien de lui dans les bibliothèques de livres anthroposophiques. Ce qu’il a laissé, c’est une création vivante, le Foyer Michaël, une création sociale, un centre de formation dédié à la jeunesse et fondé sur l’anthroposophie, dans le verdoyant bocage du Bourbonnais, en plein centre de la France. D’une certaine façon, sa vie est presque indissociable de la biographie de ce lieu dans lequel il s’est investi corps et âme.

 

D’abord, la vie du cœur

À l’origine, dans les années 60, la « patronne » de l’anthroposophie en France, Simonne Rihouët-Coroze, est préoccupée par les besoins de la jeunesse qui cherche l’anthroposophie et souhaite se former. Il s’agit même, dans son esprit, de former les futurs « cadres » du mouvement anthroposophique en France. Ainsi naît l’idée de créer une formation d’introduction à l’anthroposophie. Madame Coroze demande à Pierre della Negra, alors âgé d’une trentaine d’années, s’il veut bien prendre ce projet en main. Il répond positivement. Le Foyer ouvre ses portes à Chatou en octobre 1970. S’ensuivent quelques années de construction et d’expérimentation, au cours desquelles se développe sous le contrôle attentif de Mme Coroze une approche assez classique de l’enseignement de l’anthroposophie : étude des livres et activités artistiques.

Pierre s’adonne à sa tâche, accompagné de son indispensable partenaire, sa femme Vivien, rencontrée lors de leur formation à Emerson College, en Grande-Bretagne. Bientôt, la jeune équipe porteuse ressent le besoin de s’émanciper de la tutelle des anciens : avide de créativité et de liberté, l’équipe délaisse le projet initial pour créer un second centre, le centre Sophia, qui pendant plusieurs années axera tout son travail sur les pratiques artistiques. Cette scission fut plus tard vécue comme un besoin de se forger une identité et faire ses propres expériences à l’écart des canons traditionnels de la vie de l’anthroposophie. Il fut aussi l’expression d’une prise de conscience : l’anthroposophie ne s’adresse pas essentiellement à la tête, mais avant tout à la vie du cœur ; et pour s’adresser au cœur, c’est l’art dans toute son ampleur qui doit devenir prioritaire. Ces années de sécession furent emplies de la joie et de l’enthousiasme des « pionniers-explorateurs ».

Le souci de l’autre

Mais c’est la question sociale qui viendra marquer la prochaine étape. Elle conduira à renouer avec Madame Coroze et avec le projet du Foyer Michaël. Pour Pierre, la question artistique, bien que centrale, ne suffit pas encore. Pour que l’art et l’anthroposophie soient ancrés dans l’humain, ils doivent être ancrés dans la vie sociale. Tout se passe dans la rencontre humaine. Malgré l’immensité des domaines où s’exerce sa pensée, Pierre dirige toute son attention sur le point focal de l’espace interhumain, cette substance qui se tisse d’homme à homme. Pour lui, c’est là que repose la véritable substance spirituelle d’avenir.

Cette perspective sociale le pousse à mettre en avant aussi les arts populaires comme la chanson, le cinéma, mais également les arts du quotidien, l’art du bouquet de fleurs qu’on pose sur la table, l’art de la conversation. Tout cela conflue dans l’art suprême : l’art social. Il faut que l’art touche tout le monde dans sa vie de tous les jours. Il faut vivre la rencontre humaine, dans sa difficulté, comme un espace de création. Voir l’autre comme un mystère insondable, ressentir le sacré de chaque biographie humaine. Considérer notre prochain comme un roi du Graal « blessé » et lui demander intérieurement : « De quoi souffres-tu ? ». Il faut avoir le souci de l’autre et voir sa blessure aussi comme sa beauté…

Les respirations de la nature

Pierre ne cessait de le répéter : essayons de mieux « ressentir ». Ressentir ce qui vit dans les autres, ce qui vit en nous-même, mais aussi, et ce fut une autre grande dimension de sa recherche sociale : ce qui vit dans la nature. Pierre s’est consacré à la question du rythme des saisons et des fêtes annuelles. Il méditait sur le grand cycle solaire de l’année. Le cours hebdomadaire qu’il donnait pour partager ses vécus et ses découvertes est devenu unevéritable institution : « le cours sur les fêtes ». Lors de ce cours donné aux étudiants du Foyer, beaucoup de personnes de la région venaient grossir les rangs des auditeurs.

Ressentir la respiration de la Terre, l’accompagner, ouvrir ses sens, ne pas plaquer des représentations intellectuelles sur le vivant mais apprendre à faire silence et laisser parler les phénomènes, ressentir la vie du cosmos à travers les rythmes de la nature. Pierre était devenu un spécialiste de cette recherche. Pour lui, l’ouvrage le plus important de Rudolf Steiner était l’essai inachevé Anthroposophie, un fragment[1], cette approche de l’anthroposophie entièrement fondée sur la perception sensorielle. Ses contributions, toujours humbles et tâtonnantes, résolument basées sur l’expérience intérieure, prenaient ensuite une forme extérieure à travers l’organisation des fêtes du cycle de l’année au sein de la petite communauté estudiantine. Ces fêtes multicolores, impulsées avec tact et créativité par sa femme Vivien, devinrent ainsi une des composantes les plus originales et marquantes de la formation au Foyer Michaël.

La véritable « pensée ouvrière »

Lorsque Pierre pensait à la vie sociale, il avait aussi en tête l’humilité de la condition ouvrière. C’est pourquoi il tenta toute sa vie, avec ses partenaires, de créer des formes sociales préfiguratrices de l’avenir. L’activité agricole de la ferme jouxtant le centre de formation avait, elle aussi, un caractère « essentiel ». Différentes tentatives furent entreprises pour incarner les idéaux d’une vie sociale tripartite : porter collectivement la gestion de la ferme, créer des outils de production pour développer une économie capable de soutenir la vie culturelle du lieu. Certains de ces projets ont échoué après des années de dur labeur. Mais, lorsque l’idéal brûle, les échecs ne sont que des étapes sur la route.

Pierre disait parfois que l’anthroposophie était la véritable « pensée ouvrière », contrairement aux courants de pensée antérieurs qui avaient été soit aristocratiques, soit bourgeois, c’est-à-dire portés par le passé. Pour lui, même la pensée de l’époque de Goethe et sa Naturphilosophie était encore une pensée de nature bourgeoise par son contexte social et historique. Que signifie une pensée ouvrière ? Il lui était difficile de le formuler. Certainement : la pensée d’un être humain mis à nu, dépouillé socialement, coupé de son lien à la terre et à la nature, sans statut social, un être humain contraint de s’appuyer entièrement sur ses propres ressources, sur sa propre expérience individuelle de l’humain. Selon lui, c’était là le point de départ de l’anthroposophie, mais également la source d’une véritable fraternité humaine. Il apportait ainsi un éclairage essentiel sur la nature de l’anthroposophie, qui l’inscrit de plain-pied dans l’ère industrielle et la condition de l’homme moderne.

D’autres floraisons

À travers les années, à travers les épreuves, les joies et les souffrances, ce projet social a acquis en maturité et fut progressivement repris en main par une nouvelle équipe plus jeune, qui essaie aujourd’hui de discerner les prochaines étapes de développement. De tels projets sociaux sont des organismes vivants, ils ne peuvent rester figés dans une forme, ils sont en évolution constante et exigent en permanence des métamorphoses. Le Foyer Michaël existe maintenant depuis plus de 50 ans. Il a vu des centaines de jeunes du monde entier faire pendant une année cette expérience sociale intense fondée sur une exploration artistique incroyablement riche et sur un travail de la pensée à la fois humble et approfondi. Au Foyer Michaël, il s’agit de rencontrer l’anthroposophie à travers l’expérience individuelle, à travers la matière, la perception sensible, et à travers les autres. L’anthroposophie ne peut pas y être « enseignée », telle une idéologie qu’on enseigne comme une théorie déjà toute faite. L’anthroposophie est vivante, elle advient à partir de l’expérience de la rencontre, elle naît dans la rencontre et se renouvelle en permanence par la rencontre. En son cœur, comme dans un sanctuaire, le mystère de chaque être humain individuel dans son originalité et son évolution.

Par son antidogmatisme radical, c’est finalement l’image d’un véritable anarchiste que laissera Pierre, un sage anarchiste. Un homme qui a su se fonder sur lui-même et donner à ses étudiants le goût de conquérir leur confiance en soi et de se développer toujours à partir de soi-même. Il aimait à citer les mystiques, notamment ces mots d’Angelus Silesius, qui peuvent aussi être entendus avec cette résonance anarchiste :

« La rose est sans pourquoi ; elle fleurit parce qu’elle fleurit, elle ne se soucie pas d’elle-même, elle ne demande pas si on la voit. »

La vie de Pierre a fleuri, et sa floraison a permis d’innombrables autres floraisons, en particulier celle de ce lieu hors du commun.

Louis Defèche

 

[1] Rudolf Steiner, Anthroposophie, un fragment, Triades, 2008

Article paru sur le site de la Société anthroposophique en France et envoyé par le Foyer Michaël dans sa Lettre aux amis de début 2023

Images de l’article : Pierre della Negra au Foyer Michaël ; Pierre della Negra lors des célébrations des 50 ans de la Fondation Paul Coroze, Photo :Mathieu Botheron ; Un des bâtiments du campus du Foyer Michaël

 

L’ANPAPS a besoin de nous tous

 

Le sigle ci-dessus vous rappelle sûrement un autre sigle : celui de l’APAPS, dont l’ANPAPS, l‘« Association Nationale pour la Promotion et l’Avenir de la Pédagogie Steiner-Waldorf » est la continuation et l’élargissement.

Le passage du flambeau entre l’ancienne et la nouvelle équipe en 2021 a eu lieu alors que les attaques contre les réalisations de l’anthroposophie résonnaient avec celles ayant motivé la création de l’APAPS en 2001. Mais les conséquences des attaques diffamatoires actuelles dépassent de loin la vague de 2001. Car entretemps sont nés les réseaux dits sociaux. Cela change radicalement la donne. La plupart des protections de la démocratie perdent dans ce contexte ipso facto leur efficacité, et par voie de conséquence, les modalités des réponses à apporter doivent évoluer. Vous pourrez apprécier la qualité et le courage de la nouvelle équipe à la tête de l’association en parcourant le site web www.anpaps.org.

Cet indispensable et vigoureux engagement sur le front médiatique a une conséquence attendue : l’ANPAPS est directement attaquée et ne va pas se dérober, comme l’a bien souligné son président Nicolas Tavernier lors de la dernière assemblée générale de l’association, réunie le 17 juin 2023 à l’École Steiner-Waldorf de Verrières-le-Buisson. L’importance de cette défense dépasse le périmètre de l’ANPAPS, de la pédagogie Steiner, et même celui du mouvement anthroposophique, pour toucher à la possibilité même de l’expression de ce qui constitue notre humanité au sein d’une société irrévocablement immergée dans les modes de relations que permet le développement exponentiel des communications numériques.

Cependant l’ANPAPS ne peut réaliser la mission qu’elle s’est donnée que si le nombre de ses adhérents correspond, à peu près, à son cercle d’influence réel. Or ce n’est pas le cas, si l’on en juge par le nombre de plusieurs milliers de signataires de la pétition pour soutenir la Pédagogie Steiner-Waldorf. Car le nombre actuel d’adhérents est vraiment trop faible ! Cet écart a certainement des causes multiples, mais ne paraît pas être lié à une lacune propre à l’action actuelle. La situation est urgente. Chaque semaine compte dans le contexte présent. Si vous êtes, d’une façon ou d’une autre, « ami » de la pédagogie Steiner-Waldorf, et comme « ami » de la Fondation Paul Coroze vous l’êtes nécessairement, je vous prie d’adhérer sans attendre à l’ANPAPS et de propager ce message autour de vous.

>>>Adhérer à ANPAPS<<<

Pour le conseil,
François Lusseyran
Président de la Fondation Paul Coroze

Plus :  www.anpaps.org

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Image mise en avant : Tirée de la pétition de l’ANPAPS « Ensemble, soutenons la pédagogie Steiner-Waldorf pour l’avenir de nos enfants » sur www.change.org

 

Le mot du président : Noël 2022

Le monde présent est-il particulièrement sombre ou vogue-t-il, comme depuis mémoire d’homme, entre obscurité et lumière, mort et vie, disparition et naissance ? On doit pouvoir être d’accord sur le fait que notre position d’Européens depuis longtemps si privilégiés nous fait apparaître la situation mondiale comme particulièrement inquiétante. Et pour des Français profondément engagés dans l’effort de rendre effective jusque dans la vie concrète une impulsion spirituelle comme l’anthroposophie, il est certain que les présentations diffamatoires répétées, de certains journalistes, sans aucune déontologie professionnelle, ont de quoi faire pencher vers le pessimisme.

Cependant nous voudrions partager avec vous, en cette fin d’année, une impulsion de confiance et d’espérance. Ce qui suit dans cette courte Lettre ouverte en sera le support : la beauté du départ – à son heure – d’un ami, le témoignage de la riche réalité d’une formation en eurythmie, la nécessité de votre don pour l’harmonie économique, et enfin quelques pensées salvatrices pouvant naître de la strophe de Noël du Calendrier de l’âme de Rudolf Steiner. La confiance et l’espérance, c’est aussi ce que nous avons trouvé dans les images peintes par une jeune boursière pour lesquelles nous avons eu un coup de cœur.

Bon passage à l’année nouvelle,
chères amies, chers amis !

François Lusseyran, 

président

Peinture : Naemi Moira Laky, www.naemimoira.ch