Auteur/autrice : Sofia Lismont

Rapport d’activité 2020

Les aides aux étudiants

Sans surprise, 2020 aura été une année qui sort de l’ordinaire. Le nombre d’étudiants aidés est passé de 100 en 2019 (94 bourses et 46 prêts) à 67 (59 bourses et 25 prêts), et le total des bourses versées de 132 470 € en 2019 à 94 550 € ! Seule l’aide moyenne est restée stable (1 724 € contre 1 775 € en 2019), ce qui est dû au fait que le montant des aides dépend de critères qui n’ont pas changé : coût et modalités de la formation et situation personnelle.

Quant aux prêts d’honneur, la tendance déjà évoquée dans des communications antérieures s’est encore accentuée. Alors qu’en 2019 les nouveaux prêts ont représenté 43 900 €, répartis sur 46 étudiants, en 2020 ils se sont élevés à seulement 20 950 €, répartis sur 25 étudiants. Parallèlement, la Fondation a encaissé 63 946 € de remboursements de prêts (contre 66 701 € en 2019). Au 31 décembre 2020, le total des encours de prêts s’est élevé à 274 659 €, en baisse de 40 356 € par rapport à 2019 (315 016 €).

 

 

Les dons reçus

Nous avons par le passé représenté la Fondation comme étant au cœur d’un organisme tripartite comparable à un trépied. Nous venons d’évoquer le pied qui est la raison d’être de notre action, les étudiants qui s’engagent dans des formations. Le deuxième pied, ce sont nos donateurs. Là aussi, 2020 aura été une année exceptionnelle, cette fois dans le bon sens ; alors que les dons s’élevaient, en 20219 à 56 032 €, dont 1 275 € pour le Foyer Michaël, en 2020 ce furent 83 727 €, dont 8 935 € pour le Foyer.

Le nombre de donateurs a aussi progressé, ce qui semble être actuellement une tendance qui nous soutient dans notre action et dont nous sommes reconnaissants : 115 donateurs en 2017, 133 en 2019, 153 en 2020. Parmi ces derniers, 31 sont de nouveaux donateurs, dont une entreprise et trois associations. 32 donateurs, soit un peu plus d’un cinquième, sont d’anciens boursiers ou emprunteurs, ce qui nous réjouit tout particulièrement. Notons aussi que le don moyen a augmenté à 547 € contre 428 € en 2019. Soyez toutes et tous très chaleureusement remerciés pour votre soutien !

13 donateurs ont adressé à la Fondation un don destiné au Foyer Michaël, 18 un don mixte Fondation/Foyer, soit en tout, 31 dons vers le Foyer via la Fondation. Certains ont posé la question de savoir si ces dons vont vraiment au Foyer. La réponse est clairement oui, dans la mesure où la Fondation verse chaque année 20 000 € au Foyer pour équilibrer le budget de ce dernier. Les dons reçus par la Fondation pour le Foyer rentrent dans cette aide. Il est bien sûr aussi possible de faire un don directement au Foyer. Par ailleurs, la Fondation aide aussi le Foyer pour tous les travaux immobiliers.

À la belle récolte décrite ci-dessus s’est ajouté un don pour les bourses d’étude de 35 000 € de la Michael Stiftung, une fondation allemande liée à la Software-AG, qui intervient dans un large éventail de domaines, essentiellement en lien avec l’anthroposophie.

Du point de vue purement comptable, avec des bourses en baisse et des dons en hausse, 2020 aura été une « bonne » année pour la Fondation. Malheureusement la baisse du nombre de bourses attribuées résulte des difficultés au niveau du recrutement des formations, notre troisième pied. Toutes ont été confrontées à des baisses d’inscriptions qui les ont mises plus ou moins en difficulté. Cela leur a demandé et leur demande encore beaucoup d’ingéniosité pour explorer de nouvelles voies. Nous sommes heureux de pouvoir vous présenter dans ce numéro l’évolution de Didascali depuis 2015. 

Pour le Foyer Michaël, si l’année scolaire 2019-2020 était déjà perturbée, 2020-2021 aura été encore bien plus difficile. Certains étudiants n’ont pas accepté de suivre les cours à distance, ce qui a conduit le Foyer à des remboursements partiels. La rentrée à venir est encore entourée d’incertitudes. 

 

Autres postes du compte de résultat (hors Foyer Michaël)

Les loyers encaissés ont légèrement baissé, avec 85 562 € contre 101 729 € en 2019. Cette baisse est à mettre en lien avec la Covid, même si le Centre Coroze en tant que centre de formation a pu rester ouvert pour certaines activités. Même si les charges immobilières ont aussi baissé, le revenu immobilier net s’est élevé à seulement 50 682 €. Les placements financiers ont rapporté 20 673 €. Les frais de fonctionnement sont légèrement en hausse, avec 54 205 € (contre 52 466 € en 2019).

Les dotations aux provisions correspondent essentiellement à des provisions pour risques sur des prêts, mais incluent aussi la dotation légale de 10% du résultat consolidé.

 

 

Résultat

Le résultat hors consolidation avec le Foyer Michaël est déficitaire de 52 708 €, le résultat consolidé avec le Foyer Michaël est positif de 21 320 €. Les comptes ont été certifiés par notre commissaire aux comptes. 

Les deux graphiques ci-après montrent les résultats de la Fondation hors Foyer Michaël.

 

 

 

Rencontre avec d’autres fondations anthroposophiques européennes

Début février 2020, la Fondation a encore pu participer à la rencontre des fondations anthroposophiques implantées en Europe et regroupés dans l’ENDA. Cette fois, c’est stART international qui nous a accueillis à l’école Steiner de Gröbenzell près de Munich. Le programme était exceptionnellement riche, car il incluait une visite du camp de concentration de Dachau, suivie d’une présentation par Peter Selg et Mathias 

Mochner de leur travail de recherche sur la Société anthroposophique à l’époque national-socialiste, avec un focus sur les médecins. Ce travail a donné lieu depuis à un livre1. Il en ressort que, contrairement à ce que certains prétendent, les valeurs de l’anthroposophie sont contraires à toute forme de racisme et que la collaboration de médecins anthroposophes avec le régime était marginale.

 

Le Conseil

Après avoir été invité du conseil depuis septembre 2018, Dominique Schalck en est devenu membre en septembre 2020. D. Schalck est entre autres consultant dans l’Économie Sociale et Solidaire (ESS), administrateur/fondateur de la SCIC Habitats Solidaires (logement très social), du fonds Habitats et Familles Solidaires, du fonds de dotation Éducations Plurielles, de la Fondation pour une Terre Humaine (Suisse) et de la Coopérative Oasis créée en 2018. Il est aussi impliqué dans l’école de Verrières-le-Buisson et a été dirigeant du bureau parisien de la Nef.

Les administrateurs de la Fondation Paul Coroze sont depuis lors Vivien della Negra, Bruno Denis, Évelyne Guilloto (secrétaire), Jonas Lismont (trésorier adjoint), François Lusseyran (président), Maryse Rouzès (vice-présidente), Dominique Schalck, Jean Steinacher (trésorier) et Alain Tessier. Ils ont cumulé ensemble 2 700 h de bénévolat, soit l’équivalent de 1,5 postes à plein temps.

Jean Steinacher,
François Lusseyran,
Jonas Lismont,
Évelyne Guilloto
et Claudia Achour

 

Note : 1. Cf. SELG, Peter, Rudolf Steiner, L’anthroposophie et les allégations de racisme. Société et médecine dans une époque totalitaire, Triades, 2021

Image principale : Cours de peinture dans le cadre de la formation à la pédagogie Steiner-Waldorf Didascali. Photo : Didascali. Voir l’article « Didascali : un nouvel élan ».

Les Anges de Travers

 

En janvier dernier, la Fondation Paul Coroze me proposait d’écrire un témoignage sur mon expérience. J’ai accepté avec grand plaisir. Puis est venu le temps de l’écriture… et aussi celui des doutes… Par quoi commencer ? De quoi parler ? Quel ordre choisir ?

Alors j’ai simplement décidé de laisser parler mon cœur. Et tout naturellement ce sont, avant tout, d’immenses et chaleureux remerciements qui introduiront cet article. C’est essentiellement grâce au soutien de la Fondation Paul Coroze que j’ai pu, en septembre 2017, intégrer l’École Actéon et suivre sa formation professionnelle de l’acteur durant 3 ans. La Fondation Paul Coroze m’a permis de financer une grande partie de cette formation, grâce à des dons (bourses) annuels ainsi que des prêts étudiants. Sans ce soutien, je n’aurais jamais pu intégrer cette formation et espérer pouvoir me rapprocher si près de mon rêve ou plutôt de mon objectif de vie.

Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu faire du théâtre. Toute petite, je participais déjà à de nombreux ateliers, puis j’ai intégré des groupes amateurs. À 18 ans, j’ai débuté mes études en Arts du Spectacle, à l’université Paul Valéry de Montpellier. J’ai obtenu une licence en 2008. Puis, après l’obtention d’un Master Direction Artistique de Projets Culturels en 2010, est arrivé le moment important d’entrer dans la vie active.

Pendant mon cursus de 2 ans (Master), j’avais intégré la galerie d’arts contemporains Hambursin-Boisanté, comme stagiaire. Une fois le diplôme obtenu, cette galerie m’a recrutée comme assistante galeriste. Hélas, quelques mois seulement, la galerie ayant fermé. Ce fut très difficile de retrouver un emploi dans le secteur artistique et culturel. J’ai dû enchaîner des petits contrats… Mais fort heureusement, ça n’a pas duré longtemps. 

Au bout de quelques mois, j’ai eu la chance de rejoindre la Régie Scène Cinés, où je suis restée 5 ans. J’y ai débuté comme médiatrice culturelle au cinéma de Fos-sur-Mer, puis je suis devenue responsable jeune public et chargée des relations publiques au Théâtre La Colonne de Miramas et, pour finir, au théâtre de Fos-sur-Mer. Ces missions me plaisaient énormément. Il s’agissait de faire découvrir le théâtre aux enfants et adolescents, leur proposer diverses activités culturelles et artistiques autour des spectacles. Mais aussi d’assurer le lien avec les compagnies et les publics pour la programmation.

Cependant, comme en filigrane, quelque chose me manquait profondément. Créer, inventer, jouer ! Chaque fois qu’une compagnie arrivait et se produisait au théâtre, un étrange sentiment de mélancolie et d’envie m’envahissait.

L’année de mes 28 ans, j’ai décidé de sauter le pas, convaincue que si je ne tentais pas ma chance, à ce moment-là, je ne le ferais jamais. J’ai démissionné et j’ai cherché et testé différentes formations professionnelles de l’acteur. La majorité des formations étaient exclusivement réservées aux personnes de moins de 25 ans, d’autres étaient extrêmement chères ou avec un contenu décevant et parfois les deux. En 2016, j’ai repris le théâtre amateur au sein de l’École Actéon, sans même savoir qu’elle proposait, en plus des cours amateurs, un cursus professionnel.

Au bout de quelques mois de cours hebdomadaires avec Wilhelm Queyras, plus aucun doute possible, j’avais bel et bien trouvé l’école que je souhaitais intégrer pour apprendre le métier de comédienne. Le directeur m’a parlé de la Fondation Paul Coroze et de ses actions et aides aux formations. C’est à ce moment-là que l’aventure a commencé ! 

La formation dispensée est unique et novatrice. Elle est basée sur l’imagination par l’action et issue du Cours aux acteurs de Rudolf Steiner. Pendant 3 ans, j’ai été formée à de très nombreuses techniques artistiques, comme :

-l’interprétation, en passant par le conte, la poésie, la tragédie,

-l’art de la parole, avec une technique spécifique de l’École Actéon,

-l’improvisation,

-la comédie.

J’ai aussi découvert de nombreux autres arts et pratiques artistiques comme le chœur parlé, l’eurythmie, la danse Laban, et j’ai participé à plusieurs stages d’approfondissement portant sur le clown, le mime, la commedia dell’arte, les masques, l’escrime théâtrale, les cascades, la mise en jeu face à une caméra. Au-delà des techniques et de l’art lui-même, cette formation a été, plus que tout, une merveilleuse aventure humaine et spirituelle. Trois années faites de rencontres avec des personnes extraordinaires, que ce soit parmi mes camarades ou au sein même de l’équipe pédagogique. Ensemble, nous avons pu créer et monter de beaux projets, et continuons encore à ce jour.

Ma formation à l’École Actéon s’est terminée, mais l’aventure continue de plus belle ! Il y a deux ans, avec un de mes camarades, devenu mon compagnon, nous avons créé, en parallèle de notre formation, notre propre compagnie de théâtre. Elle a pour nom « Les Anges de Travers ».

Nous travaillons actuellement à la création de notre tout premier spectacle « L’Homme poubelle : Ensemble vers l’Harmonie Sociale ! ». Nous espérons pouvoir le présenter au public en septembre 2021. C’est un travail titanesque que nous avons entrepris. En effet, nous assurons, seuls, tout le côté artistique mais aussi toutes les fonctions administratives. Et la crise sanitaire que nous traversons n’a, bien sûr, pas facilité notre travail. Cependant, nous avons la chance d’avoir noué des partenariats, le premier avec l’École Actéon, dont les fondateurs et dirigeants continuent à suivre, amicalement, nos avancées et nous permettent de travailler dans les locaux de l’école. Le second avec le théâtre 11 Gilgamesh Belleville, qui nous soutient dans nos projets. 

Le métier de comédien est dur et éprouvant, tant physiquement que mentalement, et ne nous permet pas, à ce jour, de vivre financièrement de manière aisée, surtout dans le contexte actuel. Mais forts de nos motivations et convictions, nous avançons quand même et avec plus de force, de rage et de passion. Certes, cela nous demande beaucoup d’engagement et d’implication, mais c’est aussi la vie la plus épanouissante que j’aie pu connaître, et j’ose dire qu’elle est merveilleuse. À force de travail, petit à petit, nous voyons s’esquisser ce dont nous rêvions en commençant la formation avec Actéon. Et nous avons bien l’intention de concrétiser et faire vivre ce projet.

Nous espérons, bien sûr, à plus long terme, développer notre compagnie et partager notre univers et notre passion, par d’autres créations. Et je forme le vœu, au détour d’éventuelles collaborations futures avec la Fondation, de pouvoir aider, à notre tour, d’autres personnes à réaliser leur rêve.

Floriane Douat

La compagnie Les Anges de Travers
est à retrouver sur Facebook : 
@cielesangesdetravers

 

Image : Floriane lors de la pièce de théâtre “L’homme poubelle : Ensemble vers l’Harmonie Sociale”.  Photo : Les Anges de Travers

La tête et les mains

Après une maîtrise en sciences naturelles à Orsay, j’ai fait de 1984 à 1986 la formation pédagogique au Centre Perceval de Chatou, promotion Victor Hugo. À plusieurs reprises, René Querido est venu nous donner des cours. Nous avions pris l’habitude de nous retrouver au café durant les pauses, pour discuter. 

René nous a aussi parlé d’un centre de formation en Californie et de l’année de formation artistique. Cela m’a tout de suite accrochée ! J’ai fait une demande d’aide à la Fondation Paul Coroze et j’ai eu le plaisir de recevoir une bourse. En août 1986, je suis partie avec une valise pour Sacramento, Californie, pour un an… J’y ai suivi la formation artistique avec Theodore (Ted) C. Mahle. 

Tout doucement, mon anglais s’est amélioré en même temps que mon travail artistique. Quel bonheur que de pouvoir peindre ou dessiner toute la journée. Ce fut un temps de recherches et de rencontres et j’ai trouvé la personne qui allait être mon mari et le père de mes 3 enfants. 

En juin 1988, nous avons quitté la Californie pour le New Jersey. Mon mari a pris la 4e première classe de l’école Waldorf de Princeton. Pendant 16 années, je me suis occupée des élèves du jardin d’enfants l’après-midi. J’ai aussi donné des cours de français pendant un an. Par la suite, j’ai été assistante puis professeur de travaux manuels. 

Je suis devenue bilingue, mais les enfants apprennent la grammaire d’une langue en la parlant, je ne pouvais donc pas leur être un bon modèle. C’est pourquoi je n’ai jamais voulu devenir professeur de classe. J’aspirais à devenir professeur des grandes classes, mais l’école de Princeton n’a jamais pu se lancer dans cette aventure, jusqu’à ce jour.

2003-2004 a été une année très difficile pour l’école de Princeton et j’ai dû la quitter. C’est l’année où mes parents ont découvert l’école d’Avignon au marché de Noël. Je me souviens de leur avoir dit en plaisantant, alors qu’ils me relataient leur visite : « J’y serai en septembre ! »

Il faut faire attention à ce que l’on dit, car effectivement, à la rentrée de septembre 2004, je fus présentée avec les nouveaux professeurs de l’école Waldorf en région d’Avignon à Sorgues ! J’y enseigne les travaux manuels de la 6e à la 11e, et la biologie de la 9e à la 11e classe. 

Pendant 3 ans, nous avons eu la chance d’avoir une 12e classe, ce qui était formidable pour les cours de biologie. Un grand puzzle se mettait en place. 

En plus de mes cours réguliers, je fais des incursions dans le primaire en travaux manuels. Cette année, j’apprends aux enfants de 1ère à tricoter et je me régale d’être avec les tout-petits. On me demande aussi de plus en plus de faire des cours de physique-chimie en moyennes classes et, occasionnellement, des cours de mathématiques et de biologie.

Être polyvalente me semble une nécessité dans nos petites écoles. De plus, en enseignant de la sorte, j’ai trouvé un bel équilibre entre la tête et les mains.

 

Annick Trémel

 

Image : Patchwork des élèves pour les cent ans de la pédagogie Steiner Waldorf. Photo  : Annick Trémel. 

 

Didascali : un nouvel élan

Didascali, c’est :

-un centre de formation, implanté à Sorgues, créé en 1997, avec, depuis 2010, en moyenne, entre 50 et 60 participants chaque année, venant surtout du sud de la France, dans deux promotions en parallèle,

-une formation à la pédagogie Steiner-Waldorf sur trois ans, destinée aux praticien.ne.s de l’éducation de l’enfant et de l’adolescent, une grande partie étant déjà en poste dans des écoles Steiner-Waldorf,

-un enseignement abordant aussi bien la petite enfance (0-6 ans) que l’enfance et l’adolescence (6-18 ans),

-une formation répartie sur 9 week-ends par an et trois sessions de 4 à 5 jours avec, en outre, deux semaines de stage chaque année dans des structures Steiner-Waldorf, et

-une organisation au sein d’une coopérative d’activités qui s’inscrit dans le cadre de l’économie sociale et solidaire et dans la certification qualité Qualiopi.

Bref historique

Didascali a vu le jour au milieu des années 1990, quand l’école Steiner-Waldorf de Sorgues ne comptait que quelques dizaines d’élèves. Le lien est resté fort : tous les cours ont actuellement lieu à l’école. Les bureaux se trouvent depuis quatre ans dans un hangar aménagé en bureaux, avec une attention à la beauté et à l’écologie – directement en face de l’école.

En 2010, Didascali a ouvert deux promotions departicipants et a abandonné le statut associatif.

L’équipe pédagogique a connu plusieurs changements depuis 2017.

Une équipe pédagogique enrichie

Aujourd’hui, la formation est portée par une équipe motivée de formateurs permanents, notamment Marie-Caroline Bakke, Emmanuelle Bialas, Fabienne Defèche, Aline Jandl, Nienke Maas, Marcella Trujillo, Marie-Anne Steiner et Willem Meesters, qui est depuis 2013 responsable de l’établissement Didascali dans le cadre de la coopérative d’entrepreneurs Oxalis.

Didascali a le plaisir d’accueillir cette année Ethel Sarafis comme responsable de l’Option Petite enfance et Virginie Gasperitsch pour les Travaux manuels.

L’équipe élargie compte d’autres formateurs réguliers qui interviennent deux à quatre fois par an : René Becker, Patrick de Beukelaer, Thomas Daviaud, Daniela Hucher, Philippe Perennès, Philipp Reubke, Jost Schieren, et Rachel Stehli, ainsi qu’une vingtaine d’intervenants ponctuels.

L’équipe qui porte la structure de Didascali

Pour l’équipe portant la structure au quotidien, un vent nouveau souffle avec la venue en mai 2021 de Mathilde Becker (en remplacement de Catherine Pouleur) pour la gestion administrative et les relations avec les étudiants, ainsi que de Fanny Mallet, pour le volet juridique et la communication. Cela permet à Reynald Devanlay, qui a été particulièrement dévoué à Didascali depuis plus de 10 ans, d’alléger progressivement sa charge de travail au cours de l’année à venir, selon son souhait. Tamara Farin intervient toujours pour l’organisation des Journées découvertes et des Portes ouvertes.

Le passage par le confinement

Comme toute structure de formation, l’équipe Didascali a dû inventer une alternative à son fonctionnement habituel lors du premier confinement. Chaque participant a suivi environ 45 cours à distance, par visioconférence, entre mars et juin 2020. Depuis juin 2020, les cours organisés dans le cadre de la formation professionnelle ont pu avoir lieu sur place, avec bien sûr quelques adaptations.

Ce confinement nous a ouverts à utiliser davantage les outils technologiques, ce qui donne aujourd’hui un nouvel essor et une nouvelle efficacité à notre organisation. Ponctuellement, les visioconférences sont utilisées avec les étudiants dans certaines circonstances et elles permettent de faciliter les réunions avec les membres de l’équipe.

Un présent fort de potentialités

Aujourd’hui, Didascali a mis en place de nouvelles habitudes de travail dans le cadre d’une démarche visant à attester de sa qualité et à renforcer son rayonnement. En effet, pour que les participants puissent continuer à bénéficier d’une prise en charge par l’intermédiaire de leur employeur, via son Opérateur de Compétences (OPCO), les organismes de formation en France doivent obtenir la certification Qualiopi. La certification a été obtenue en avril 2021 suite à un audit d’une journée sur place. Le travail, très conséquent, menant à la certification a été réalisé avec le soutien ô combien précieux des collègues d’Oxalis.

Cette démarche et les retours de l’auditeur ont mis en lumière les atouts de la formation :

-la possibilité pour les participants de faire régulièrement des stages dans les écoles Steiner-Waldorf en France et à l’étranger, et d’avoir des perspectives de nombreux débouchés professionnels dans le mouvement Steiner-Waldorf,

-des partenariats maintenus avec l’université Alanus en Allemagne, le réseau international Inaste, et d’autres centres de formation, comme l’Institut Méditerranéen de Formation d’Avignon pour son diplôme Éducateur.trice de Jeunes Enfants (EJE), avec lequel Didascali a récemment officialisé un partenariat,

-un fonctionnement s’appuyant sur la coopération et le dialogue étroit entre les formateurs et les participants, ainsi qu’entre l’équipe et les délégués de promotion, et

-des valeurs humanistes et une ambiance de travail conviviale.

Des projets à court, moyen et long termes

Le projet de l’équipe à court terme est de travailler plus consciemment sur un projet pédagogique cohérent, sur trois ans, et sur un accompagnement individualisé de qualité pour les étudiants.

En effet, une grande partie des personnes en cours de formation travaillent déjà dans des écoles Steiner-Waldorf, ce qui constitue une tendance depuis quelques années. Cela demande une adaptation de l’offre de formation, car il s’agit désormais de trouver un bon équilibre entre les apports de substance, les cours artistiques et les ateliers de pratique pédagogique.

Didascali a également pour but d’accroître sa visibilité en se faisant mieux connaître au sein du mouvement des écoles Steiner-Waldorf et au-delà, notamment en améliorant le site Didascali.org, en lien avec la Fédération Steiner-Waldorf, dans le cadre d’une démarche proactive de communication. En outre, nous mettons en œuvre des Journées découvertes, des supports de communication variés et une attention constante à la démarche qualité.

Un projet à long terme est d’obtenir une reconnaissance pour des modules de Certification de Qualification Professionnelle (CQP), voire, plus tard, une reconnaissance Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP). Actuellement, la formation Didascali représente pour un participant des frais d’un montant de 10 000 euros pour les trois années. Or cette reconnaissance supplémentaire permettrait d’élargir les prises en charge au-delà des OPCO, notamment d’ouvrir la possibilité d’utiliser le Compte Personnel de Formation (CPF).

La force de la Fondation Paul Coroze

Dans ce contexte de prise en charge limitée et d’absence de subventions publiques, toute l’histoire de Didascali n’aurait pas été aussi dynamique sans le soutien solide et fidèle de la Fondation Paul Coroze, qui, chaque année, soutient généreusement de nombreux participants, en leur offrant des bourses et des prêts d’honneur.

Avec gratitude,

Fanny Mallet,
Willem Meesters

Contact :
mail : info@didascali.org ;
tél : 04 90 14 98 18,
site : www.didascali.org

Image : Cours de botanique avec René Becker dans le cadre de la formation en pédagogie Steiner-Waldorf à Didascali. Photo : Didascali.

Rapport annuel 2020

Chers amis de la Fondation,

2020 ! Une étrange année pendant laquelle bien des processus sociaux et économiques ont été perturbés, mais aussi une année de découvertes et de prises de conscience individuelles. Parmi ces dernières, la pandémie n’a-t-elle pas donné l’occasion d’accroître grandement notre perception de l’interaction entre les échelles macroéconomiques de l’économie mondialisée, celles moyennes des initiatives « collégiales », qu’elles soient économiques ou culturelles, et enfin la micro-échelle quasi individuelle à la base de nos vies ?

La réponse financière des États et de l’Europe ou des États-Unis d’Amérique à la crise économique et sociale révèle, à très grande échelle, la relativité des dogmes fondés sur l’équilibre strict des comptes, dogmes si ancrés dans l’évidence de nos habitudes. Dans une interview récente (1), l’économiste Gaël Giraud souligne l’impasse de la notion d’équilibre des recettes et des dépenses quand il s’agit de la macro-échelle, alors qu’elle s’impose légitimement aux plus petites échelles. À quels niveaux se situent ces ruptures d’échelle ? Comment se placent les fondations dans ce panorama ? À la modeste échelle de la Fondation Paul Coroze, on ne peut certes s’affranchir de cet équilibre dans la durée. Cependant, il doit être vu comme un flux qui va de la conscience généreuse des donateurs vers les demandes de ceux qui voudraient acquérir des compétences nouvelles, fécondes pour l’avenir. Ainsi, cette année encore, la Fondation a œuvré pour réaliser sa vocation, de la façon que, cher lecteur, nous vous invitons à découvrir dans notre rapport 2020.

Pour le Conseil de la Fondation

    

 

 

 

 

François Lusseyran
Président

 

Lire le rapport annuel 2020

 

Note :

1. France Culture, Trois entretiens d’économie pour l’été ; Épisode 2 : Gaël Giraud, La théologie au service de l’économie, 23 juin 2021

Image : Cours de travaux manuels à l’école Steiner-Waldorf de Sorgues, Classe 6. Photo : Annick Trémel