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In memoriam

Michel Leclaire (14/09/1943-02/10/2025) 

Biodynamiste à Troyes, c’était des jambes, une voix qui gronde, des bras pour planter et cueillir tous légumes et l’amitié riante qui vous enlaçait. C’était aussi un corps couvert de cicatrices à force d’oser : chez lui, la culture fut guerre de tranchées et de buttes. Trancher dans la paresse des idées toutes faites, tranchées pour faire germer l’enseignement du Cours aux agriculteurs, mais aussi pour sillonner des vies, enfin pour élever le regard vers les sphères célestes, édifier une foi profonde, indéfectible en la vie, et en Dieu avec tous ses anges qu’il rejoint à présent ! 

Alain Cantier

Nous nous souvenons de Michel Leclaire, fondant, dans la région de Troyes, au début des années 1980, avec d’autres biodynamistes animés d’un lumineux dynamisme, enthousiasmant et communicatif, l’association Hugues de Payns, du nom du fondateur de l’Ordre des Templiers, ces chevaliers qui donnèrent à la civilisation du Moyen-âge une impulsion sociale liée à de justes échanges économiques et aux soins apportés à la terre, portés par un idéal chrétien sans concession.

Évelyne Guilloto

Michel Leclaire fut un fidèle donateur de la Fondation.

 

Image en tête provient des films documentaires réalisées par Kaori Kinoshita et Alain Della Negra Prendre soin de l’Humain et de la Terre.

Remerciements des étudiants

Madame, je vous remercie infiniment pour la confiance que vous m’accordez et le soutien dans mon projet.

Cordialement

Iris. V. – ISHTAR (arts plastiques)

 

Bonjour Madame,

Tout d’abord, je suis très heureuse d’apprendre que la Fondation Paul Coroze me soutienne financièrement pour la première année de ma formation.

Je vous remercie beaucoup car cela va vraiment m’aider pour mon projet d’avenir !

Sarah M. – Institut Rudolf Steiner (pédagogie)

 

Chère Madame Rouzès,

Je suis tellement émue par votre message ! C’est un immense cadeau pour ma quatrième année, je vous en suis profondément reconnaissante ! Lorsque j’ai reçu votre message, j’étais en train d’écrire un texte sur le printemps pour le mémoire que l’on doit écrire et présenter en quatrième année (je travaille sur l’Eurythmie pendant la première septaine). J’étais complètement absorbée par ces belles ambiances printanières quand votre message est arrivé, comme arrive la beauté du printemps, qui nous submerge tant au début.

Un grand merci à vous et à toutes les personnes impliquées pour cette aide si précieuse.

Avec reconnaissance,

Maria R. – Eurythmie Stuttgart

 

J’ai eu le bonheur d’avoir reçu une bourse de la part de la Fondation Paul Coroze deux années d’affilée : 2023-2024 pour l’année au Foyer Michaël et 2024-2025 pour ma première année d’études à Eurythmeum CH.

Ce soutien m’a été d’une importance significative. J’en suis très reconnaissante à la Fondation.

Je me permets de revenir vers vous pour vous soumettre à nouveau une requête de financement pour ma deuxième année d’études d’eurythmie à l’Eurythmeum.

Je vous remercie à l’avance pour votre réponse.

Bien à vous,

Estelle D. – Eurythmeum CH 

Un grand merci et beaucoup de gratitude pour ce prêt d’honneur qui va me permettre d’entamer l’année une de formation des professeurs à l’Institut Rudolf Steiner

Je suis reconnaissante pour ce prêt qui rend possible mon projet de devenir pédagogue au sein d’une école Waldorf prochainement.

Bien cordialement,

Marine C.  – Institut Rudolf Steiner (pédagogie)

 

Chère Maryse,

Je suis très heureuse de vous lire et je vous remercie du fond du cœur ainsi que la Fondation Paul Coroze pour l’accord de ce prêt. C’est une grande joie pour moi…

Je vous souhaite une belle journée,

Bien à vous,

Marion R. – Biographie C. Boé

 

Image en tête provient des films documentaires réalisées par Kaori Kinoshita et Alain Della Negra Prendre soin de l’Humain et de la Terre.

Nouvelles d’un ancien étudiant

Nos très chaleureuses félicitations vont à Léo Strac, qui a passé en décembre 2024 un master en pédagogie au Rudolf Steiner University College d’Oslo. 

Il y a trois ans vous m’avez généreusement accordé un don exceptionnel dans le but de dégager du temps pour la rédaction de mon mémoire de master en sciences de l’éducation. Cette année-là j’avais bien avancé le travail notamment en réalisant une enquête sur le terrain : deux semaines passées dans deux premières classes, complétées par des interviews de professeurs et d’élèves. J’avais pu aussi commencer la transcription des interviews et la rédaction.

Cependant, le temps disponible n’a pas suffi pour mener ce projet à son terme. J’ai dû reprendre le travail l’année scolaire dernière et, grâce à cet effort, j’ai enfin pu achever mon mémoire en novembre de cette année. Sa soutenance, qui a eu lieu en décembre, a été couronnée de succès, avec l’obtention de la mention « Très bien ».

Mon censeur […] a estimé que cette étude sur l’entrée à l’école dans le contexte de la pédagogie Waldorf était d’une grande qualité, un travail à la fois profond et détaillé, et pouvant servir à améliorer les pratiques pédagogiques. […]

Je suis très heureux d’avoir passé cette étape qui me permet de continuer à enseigner à l’école de la Mhotte et m’ouvre des portes dans le domaine de la recherche en éducation. 

Avec toute ma reconnaissance,

Léo Strac

Image en tête provient des films documentaires réalisées par Kaori Kinoshita et Alain Della Negra Prendre soin de l’Humain et de la Terre.

Prendre soin de l’Humain et de la Terre

Notre projet de documentaire, sur lequel nous avons commencé à travailler en 2022, a enfin vu le jour sous la forme d’une mini-série documentaire, Prendre soin de l’Humain et de la Terre. L’objectif de ce projet était dès le départ résolument tourné vers le grand public. Nous souhaitions contribuer à renouveler l’intérêt pour les méthodes professionnelles inspirées de l’anthroposophie, mais également les défendre face aux incompréhensions et manipulations médiatiques et les rendre accessibles aux jeunes en recherche de métiers qui ont un sens profond. 

Il nous semble que le travail d’une grande qualité des réalisateurs Alain-Michel Della Negra et Kaori Kinoshita-Negra atteint cet objectif. Comme souhaité dès le départ, ce film donne toute sa place à la réalité concrète, à la parole des témoins rencontrés, il cherche avant tout à montrer, à faire voir plutôt qu’à expliquer.

Nous vous invitons à visionner les quatre épisodes en accès libre sur YouTube, et à organiser des projections privées ou publiques autour de chez vous ! Rendez-vous sur notre chaîne YouTube ou sur le site de la Fondation Paul Coroze pour retrouver l’intégralité de cette mini-série.

Ce projet a été porté financièrement pour moitié par notre Fondation, et pour l’autre moitié par de nombreux donateurs que nous remercions chaleureusement ainsi que par nos sponsors envers lesquels nous sommes très reconnaissants : la Humanus-Stiftung Basel, la Software AG Stiftung, Arcadie et la Société anthroposophique en France.

 

Le métier d’enseignant Steiner-Waldorf (43 min)
Les deux réalisateurs ont sillonné la France pour pénétrer dans des classes d’écoles Steiner-Waldorf de tous niveaux. Leur objectif : saisir, au plus près, la relation entre enseignants et élèves. À travers cette immersion, le film propose une réflexion sensible sur l’acte d’enseigner.

Le métier d’agriculteur en biodynamie (49 min)
Notre couple de réalisateurs a suivi des stagiaires en biodynamie pendant une année durant leur formation et en stage, ce qui a permis de découvrir plusieurs projets agricoles ambitieux, notamment des fermes collectives, des projets d’installation et de conversion en biodynamie. À travers ces parcours singuliers, le film esquisse le visage d’une nouvelle génération d’agriculteurs, déterminée à inventer d’autres manières de cultiver la terre. 

Le métier d’éducateur spécialisé (1h 02 min)
Comment accueillir et accompagner des personnes en difficulté ou en situation de handicap dans leur vie active, affective, sociale et culturelle ? Dans la Drôme, en Auvergne, en Alsace et en Suisse, les cinéastes ont filmé différents lieux, en se concentrant sur les métiers d’accompagnants : éducateurs, moniteurs d’ateliers et stagiaires.

Art et anthroposophie (40 min)
On connaît l’influence de Rudolf Steiner sur les courants artistiques du XXe siècle — de l’abstraction à la performance, de l’architecture au design. En quoi cette approche peut-elle être inspirante, et comment est-elle transmise aujourd’hui ? Ce film part à la rencontre d’écoles d’art qui, à travers la couleur, le volume, le mouvement et la voix, réinventent un enseignement inspiré de ces impulsions dans un contexte résolument contemporain.

Images proviennent des films documentaires réalisées par Kaori Kinoshita et Alain Della Negra Prendre soin de l’Humain et de la Terre.

Rapport annuel 2024-2025

Les bourses et prêts

Au cours de l’exercice allant du 01/09/2024 au 31/08/2025, 41 300 € de bourses ont été versés à 23 étudiants (contre 78 345 € à 46 étudiants en 2023-2024 !). Des prêts ont été accordés pour 32 170 €, à 24 étudiantes et étudiants (contre 25 700 €, à 29 étudiants en 2023-2024). En tout 41 étudiants ont été aidés (55 en 2023-2024). La Fondation a en outre soutenu 4 projets artistiques, pour un total de 4 000 € (5 projets pour 5 420 € sur la période précédente). 

La pédagogie reste la discipline qui totalise le plus grand nombre de demandes, suivie de la biographie (uniquement des prêts), de l’eurythmie et du théâtre. Toutes proportions gardées, le nombre relativement élevé de bourses pour l’eurythmie et le théâtre témoigne du dynamisme des formations à ces disciplines actuellement proposées en France. N’oublions pas que Mme Coroze a toujours insisté sur l’importance de l’art dans le développent de l’être humain.

Le fait que le théâtre concerne uniquement des bourses montre qu’il est choisi par les plus jeunes. Dans le compte rendu d’un conseil de la Fondation, de juillet 1987, on retrouve le constat suivant dressé lors d’un congrès des Centres de formation en mai 1987 à Dornach :

• de 20 à 25 ans, les étudiants cherchent le sens de la vie

• à 28 ans, ils cherchent la qualification professionnelle

• à 35 ans, ils veulent changer de profession

• à 40 ans, ils cherchent un rafraîchissement intérieur

Bien sûr, cet ancien constat reflète une tendance générale et ne vaut pas pour tous les étudiants. Toujours est-il que le conseil réfléchit à nouveau sur l’adéquation entre les besoins des demandeurs d’aide financière et les réponses de la Fondation.

Les dons

Avec un total de 37 835 €, contre 56 687 € en 2023-2024, le total des dons pour les bourses et prêts a de nouveau baissé, de même que le nombre de donateurs, qui est passé à 114 (132 en 2023-2024), dont une entreprise. Sur ces montants, les dons versés directement au Foyer ont représenté 2 729 €, ceux versés à la Fondation mais destinés au Foyer 1 960 € et ceux pour le film documentaire 200 €. Le film documentaire a cette année de nouveau bénéficié de dons spécifiques, celui de la SA Arcadie et celui de la Software AG Stiftung, pour un total de 12 000 €. 

Outre les dons, la Fondation a aussi bénéficié de deux legs qui ont permis non seulement de mener à terme de façon totalement sereine les investissements importants en cours aux Béguets, mais encore de procéder à divers placements pour sécuriser les revenus de la Fondation et donc aussi l’accomplissement de ses buts. 

Ces dons issus des liens passés avec deux amis de la Fondation, aussi précieux qu’ils soient, sont d’une nature différente des dons qui nous parviennent de nos donateurs vivants, qui apportent au présent la chaleur de leur cœur, leur intérêt et leur soutien à ces jeunes s’engageant dans des formations liées à l’anthroposophie. Tous cherchent à acquérir de nouvelles compétences, que ce soit en tant qu’enseignant, en tant agriculteur ou en tant qu’artiste, et tous sortiront enrichis de nouvelles impulsions puisées à cette source de vie qu’est l’anthroposophie. Ainsi nous adressons un immense merci à chacun de vous qui soutenez l’action de la Fondation par votre générosité, souvent depuis de longues années. Mais c’est là aussi que réside un des défis de la Fondation : comment renouveler cette partie essentielle de l’idée originelle de la Fondation : le cercle des donateurs, alors que les donateurs des premières heures de la Fondation ont pour la plupart quitté la terre.

Le Centre Michaël

L’année 2024–2025 a d’abord été marquée par une évolution importante du fonctionnement du lieu : d’un espace principalement dédié à une année d’orientation pour les jeunes basée sur l’étude des arts et de l’anthroposophie, le Foyer Michaël est progressivement devenu un centre d’accueil de stages, séminaires, formations ponctuelles et d’ateliers artistiques hebdomadaires. La location de salles, l’hébergement et la restauration structurent désormais une grande partie de l’activité, tout en permettant de maintenir une vie culturelle, artistique et pédagogique vivante, en lien avec l’anthroposophie. Parallèlement, un travail important a été mené sur les modalités de réservation et la prise en compte des exigences liées aux normes d’hygiène, de sécurité et au statut d’établissement recevant du public.

Dans ce contexte d’évolution, la Fondation Paul Coroze a poursuivi sa réflexion sur la place du lieu dans son projet global, en cherchant à concilier responsabilité économique et fidélité à l’impulsion originelle du Foyer. C’est dans cette continuité qu’a été engagée la transition vers la nouvelle appellation Centre Michaël, pour mieux refléter la vocation actuelle du lieu tout en gardant vivante la question d’une future forme d’accompagnement de la jeunesse adaptée à notre époque.

Prendre soin de l’Humain et de la Terre

Dans la Lettre ouverte de juillet, nous avons rendu compte de la présentation officielle de la série documentaire de la Fondation qui a eu lieu le 10 mai à l’Entrepôt à Paris devant 70 personnes. Vous trouvez plus loin un article de Jonas Lismont, qui reprend l’ensemble du projet.

Le conseil

Au 31 août 2025, les administrateurs personnes physiques de la Fondation Paul Coroze étaient François Lusseyran (président), Maryse Rouzès (vice-présidente), Jean Steinacher (trésorier), Évelyne Guilloto (secrétaire), Jonas Lismont et Vivien della Negra. Leur travail bénévole a de nouveau été valorisé à 81 000 €. 

Le conseil reçoit aussi régulièrement ou ponctuellement des invités et leur participation se révèle depuis longtemps déterminante pour enrichir la diversité des compétences et des points de vue.

En conclusion

Des quelques lignes de notre rapport se dégagent trois défis de la Fondation :

• contribuer au maintien des formations d’inspiration anthroposophique,

• prendre en compte l’évolution des besoins en soutien des générations successives, 

• agrandir le cercle de donateurs.

Pour le premier défi, l’engagement dans la création de l’Association de Pratiques à Impacts (API) afin de développer des formations professionnelles fondées sur les méthodes pédagogiques de Rudolf Steiner, sera une réponse grâce à une montée en efficacité. 

Pour le deuxième défi, la commission bourses et prêts engagera une métamorphose attendue depuis longtemps par bien des étudiants. 

Pour le troisième défi, même s’il devrait bénéficier des dynamiques précédentes, nous comptons en premier lieu sur vous et votre force de communication, vous qui avez noué des liens avec la Fondation et la faites exister, anciens étudiants, étudiants actuels, donateurs occasionnels ou réguliers… 

François Lusseyran, Claudia Achour,
Nicolas Sialleli, Evelyne Guilloto

Image en tête provient des films documentaires réalisées par Kaori Kinoshita et Alain Della Negra Prendre soin de l’Humain et de la Terre.

Lettre ouverte | Noël 2025

Éditorial

La question de la diversité traverse la société d’aujourd’hui de bien des façons et ceci quels que soient les points de vue envisagés. Qui ne constate pas, sur le plan écologique la perte fulgurante d’espèces vivantes, sur le plan culturel une uniformisation galopante à travers toute la planète, sur le plan politique l’expression d’une peur de l’excès de centralisation ou à l’inverse de globalisation, non respectueux des singularités, enfin sur le plan personnel une tension toujours plus vive entre vivre sa singularité et se conformer aux normes sociales, dont celles imposées par le travail ? Pourtant c’est sur le plan sociétal qu’il serait d’une grande portée de surmonter l’apparente opposition, entre diversité et identité. C’est là que s’exprime, sous forme d’une contradiction à première vue insoluble, la polarité collectif-individuel. Face à cette dialectique(1), comment trouver le terme médiateur, source du mouvement, qui transforme l’opposition de la polarité en féconde synergie ? 

Pour comprendre comment diversité et identité se nourrissent mutuellement, de fait, tournons-nous vers la nature. Un congrès organisé par la Section des Sciences de la Nature au Goetheanum à l’automne 2024 portait le titre « La diversité renforce l’identité ». Ce n’était pas un slogan politique, mais le fruit d’observations de la nature, tout comme d’observations de l’effort de connaissance de cette nature. Considérons un simple exemple sans le développer. Ce qui caractérise une prairie sauvage par rapport à une prairie cultivée, c’est la grande diversité des plantes qui la composent. Mais c’est cette diversité même qui signe son identité, qui différencie cette prairie de celle située de l’autre côté de la colline ! Le monde vivant et toute la planète illustrent à l’infini ce fait criant, pour qui en a pris conscience. De même, en suivant Goethe, on ne saisit l’essence d’une plante qu’en observant la diversité des formes de ses feuilles au cours de son cycle de vie, dégageant l’identité du lien entre les différentes phases par l’activité du penser.

Imaginons une classe d’école ou une promotion de l’ancien Foyer Michaël composées uniquement de clones ! Toute forme d’identité s’évanouirait aussitôt. Au contraire, la diversité des individus en constituant la richesse du groupe non seulement révèle la singularité de chacun mais constitue en même temps la signature, l’identité de la promotion. 

Cependant, en matière sociale, pour que cette diversité devienne source d’harmonie, il faut en cultiver les conditions : amener à se percevoir, se rencontrer, faire naître en chacun la possibilité d’accueillir l’Autre toujours si lointain. 

Cette capacité à faire se rencontrer les différences, à permettre à chacun de trouver sa place en se trouvant dans un ensemble vivant, faisait partie de la vocation du Foyer Michaël. Aujourd’hui, cette impulsion demeure, portée par la Fondation Paul Coroze à travers le projet du Centre Michaël. Celui-ci, à une autre échelle, cherche à poursuivre cet héritage : créer des lieux et des moments où la rencontre sous de nombreuses formes devient fondatrice, où les initiatives individuelles inspirées par l’anthroposophie peuvent se croiser, s’enrichir et s’encourager mutuellement. 

Ensemble avec tous les amis, anciens et nouveaux, qui manifestent si généreusement leur intérêt et leur engagement, nous œuvrons à faire mûrir les conditions d’une renaissance. Celle d’une nouvelle forme d’accompagnement de la jeunesse et de la vie intérieure, nourrie par la prise en compte du besoin existentiel de sens, de lien et de devenir qui habite notre époque.

Vous pourrez lire ci-après le rapport sur l’activité bourses et prêts de la Fondation pendant l’exercice 2024-2025, l’état des dons, un mot sur l’évolution du Centre Michaël, la présentation de la série documentaire Prendre soin de l’Humain et de la Terre dans son ensemble, un témoignage particulièrement réjouissant d’un ancien boursier, et deux hommages à Michel Leclaire. La dernière page est dédiée à l’appel à dons, sans lesquels la Fondation ne pourrait perdurer.

François Lusseyran

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1. Selon la conception hégélienne de la dialectique, l’Être et le Néant, loin de s’exclure, se fondent l’un dans l’autre dans le mouvement du Devenir. Science de la Logique, volume 1, Schrag, Nürnberg, 1812. 

Image en tête provient des films documentaires réalisées par Kaori Kinoshita et Alain Della Negra Prendre soin de l’Humain et de la Terre.

Visionnez notre série documentaire

Nous sommes très heureux de vous annoncer que notre série « Prendre soin de l’humain et de la terre » est à présent disponible !

Depuis bientôt 60 ans, la Fondation Paul Coroze attribue des bourses d’étude dans des domaines tels que la pédagogie Steiner-Waldorf et la pédagogie curative, les arts et arts thérapeutiques et l’agriculture biodynamique. Elle a demandé à un couple de cinéastes, Kaori Kinoshita et Alain Della Negra, de mener l’enquête. Pendant deux ans, le duo a sillonné la France, caméra à la main, à la rencontre de formations et d’initiatives. Cherchant à traduire des ambiances, ils ont capté l’âme des lieux et recueilli une parole rare et sincère. Ils ont rencontré des dizaines de personnes engagées dans la pédagogie Steiner-Waldorf, la pédagogie curative, l’agriculture biodynamique et les arts.

 

Un grand merci à tous les donateurs et à nos sponsors pour ce projet : Humanus-Stiftung Basel, Software AG Stiftung, Arcadie, Société anthroposophique en France

Tous les épisodes :

Le métier d’enseignant Steiner-Waldorf

 

Le métier d’agriculteur

Le métier d’éducateur spécialisé 

Art et anthroposophie

Remerciements d’Ilona et d’Estelle

Bonjour,

Dessin original d’Ilona W.

Je souhaite vous remercier chaleureusement pour la bourse que vous m’avez accordée pour faire ma formation en massage Pressel. Cette formation est vraiment enrichissante, elle m’apprend beaucoup sur le rapport à l’humain et la compréhension de notre corps. Elle me permet aussi de découvrir des notations plus théoriques sur l’anthroposophie grâce aux apports des médecins.

Le massage permet à notre corps de se mettre en mouvement ou de rester en mouvement. Le massage est bien sûr lié au mouvement. Il ne se limite pas au corps physique, il agit aussi sur le corps éthérique qui est lui aussi en perpétuel mouvement. Si les mouvements se « bloquent », notre corps est perturbé. Le massage permet, par le toucher et ses mouvements, de relancer cette circulation, ce dynamisme, en rétablissant l’harmonie entre corps et mouvements, c’est sûrement un des secrets de la santé. Voilà un aperçu de ce qu’on apprend.

Les stages sont vraiment riches. Après chaque module je me sens pleine d’énergie, remplie intérieurement. C’est une formation qui m’intéresse énormément. Je pratique de plus en plus le massage, je suis enthousiaste et je compte bien continuer cette formation jusqu’au bout ! Il me reste encore le dernier stage à faire ainsi que la certification.

En vous remerciant

Amicalement

Ilona W.

 

En ce début d’année 2025 je souhaite vous exprimer ma profonde reconnaissance pour toute votre aide et le soutien financier que j’ai reçu de la Fondation Paul Coroze pour ma formation à l’Eurythmeum (Suisse). 

Faire de l’eurythmie est un grand bonheur pour moi et je suis heureuse d’avoir la possibilité de l’apprendre dans une école qui me plait beaucoup.

Je vous souhaite une belle année à venir.

Vous remerciant bien chaleureusement,

Estelle D.

Quelques mots à propos du Foyer Michaël

Mémoire d’une aventure partagée 

Au début de l’année 1970, Pierre [della Negra] a suggéré à madame Coroze d’imaginer une formation en France pour les jeunes, fondée sur les études anthroposophiques. Il avait comme modèle l’Emerson College en Angleterre, où nous nous sommes rencontrés.

Inauguration du Foyer Michaël le 18 octobre 1970 à Chatou. Simonne Rihouët-Coroze s’adresse à l’assemblée.

Madame Coroze a été enthousiaste et l’Association Paul Coroze a acheté en juillet 1970 une maison à rénover. Au début de l’été, un chantier avec Pierre et le premier groupe d’étudiants mené par André Guilbaud a été entrepris. Le 18 octobre 1970, le Foyer a ouvert ses portes au 5 rue Georges Clemenceau à Chatou.

Quelques années plus tard, nous sommes partis pour nous investir dans un autre projet en Vendée et ce sont Berthin et Madeleine Montifroy qui ont géré le Foyer durant ce qui s’est révélé être une parenthèse de trois ans. En 1980, Pierre et moi avons rouvert le Foyer Michaël, porté par une nouvelle association, à la Mhotte dans l’Allier. Beaucoup de travail et de développements ont finalement conduit le Foyer à s’installer sur la ferme des Béguets.

Les dons et la mobilisation ont afflué de toutes parts. L’engagement, l’énergie et la foi en l’avenir ont porté le projet toujours plus haut. Je ne peux malheureusement pas mentionner tous nos soutiens dans cette brève évocation. Plus d’un millier d’étudiants sont passés par le Foyer Michaël ; leur passage à chacun est gravé dans notre souvenir, dans les constructions et dans l’évolution du projet. Nombre d’entre eux ont trouvé leur voie, un sens ou une ambition nouvelle pour leur futur. Nombre d’entre eux nous témoignent encore aujourd’hui de l’importance de cette année dans leur destinée. 

Puis le nombre d’étudiants a diminué et après le Covid-19, il semblait difficile de maintenir la formation avec si peu d’étudiants ; c’est ainsi qu’en 2025 l’année générale du Foyer n’a pu ouvrir car seulement quatre étudiants étaient inscrits, trop peu pour la mobilisation humaine et matérielle qu’exigeait nécessairement notre programme pédagogique et social.

La suite reste à inventer, d’autres formes sont en construction, le monde change, le Foyer doit s’adapter et il saura répondre aux besoins des jeunes comme il l’a fait durant des décennies.

Porte du 1er Foyer Michaël à Chatou

Merci à tous ceux et celles qui ont participé à cette aventure, à l’équipe qui a tenu le Foyer ces dernières années, dans le cadre de la Fondation Paul Coroze qui a soutenu tant d’étudiants et porte aujourd’hui la lourde tâche de l’avenir du Foyer. Merci aussi et surtout à tous les étudiants qui, avec confiance et engagement, nous ont donné la possibilité de participer à une aventure unique et incroyable. 

Vivien della Negra

 

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Nos plus sincères remerciements

En cette période de mue évoquée par Vivien della Negra, les membres du conseil de la Fondation Paul Coroze souhaitent témoigner d’une sincère et profonde reconnaissance à toutes celles et à tous ceux qui ont œuvré avec passion, constance et talent, parfois durant plusieurs décennies, au service du Foyer Michaël et de son rayonnement.

Foyer Michaël à Chatou après rénovation

En tout premier lieu, nos pensées vont naturellement à Pierre et Vivien della Negra, fondateurs et responsables historiques du Foyer Michaël de 1970 à 1973 et de 1980 à 2019 qui en furent les piliers essentiels. Nous saluons également chaleureusement Lucien Defèche et James della Negra, qui se sont impliqués depuis le début des années 2000 et qui ont graduellement assumé des responsabilités plus importantes pour la Fondation, à partir de 2014 et jusqu’en 2024, perpétuant l’élan initial tout en apportant leur propre créativité à ce projet collectif. Ils avaient à leurs côtés une équipe riche de compétences, dont il faut citer au moins quelques noms : Jean Bacourt, Jérémie della Negra, Paul Guilbaud, Brigitte Tranchepain, et bien sûr, Susanne Fritz.

Nos pensées vont aussi aux professeurs intervenants, qui ont tant donné au fil des années, avec dévouement et générosité.

Un chaleureux merci également à Hugh Ratcliffe. Par la création et l’entretien patient d’un magnifique jardin, développé avec le soutien précieux d’une équipe de bénévoles et, ces dernières années, l’aide de Denis Goyer, il a offert et continue d’offrir au Foyer bien plus qu’un simple approvisionnement régulier en légumes et fruits biodynamiques de la plus haute qualité : il a aussi partagé son savoir lors de leçons de jardinage vivantes et inspirantes.

 

Foyer Michaël aux Béguets

Notre gratitude se tourne aussi vers les nombreux donateurs et soutiens financiers qui ont su percevoir la valeur profonde et la portée humaniste de cette initiative, allant parfois jusqu’à engager leur équilibre financier personnel afin d’aider le Foyer à traverser des périodes difficiles et incertaines. Une autre forme d’engagement tout aussi précieuse, sans laquelle le Foyer n’aurait jamais pu perdurer et se renouveler ainsi, est celle du bénévolat : une implication généreuse, souvent prolongée sur de nombreuses années, qui fut le fait des responsables successifs de l’association du Foyer Michaël, des deux équipes qui l’ont porté successivement, des enseignants et intervenants de tous horizons, de celles et ceux qui ont patiemment entretenu et amélioré les bâtiments et les jardins, des artisans et constructeurs qui ont bâti et [a]aménagé ces lieux avec cœur et savoir-faire, ainsi que de toutes ces personnes qui ont accueilli avec chaleur, empathie et attention les étudiants, stagiaires et visiteurs, faisant du Foyer un espace propice à la rencontre humaine, à la découverte et à l’épanouissement individuel et collectif.

C’est grâce à cette diversité d’engagements, portés par tant de visages et tant d’énergies, que le Foyer Michaël a pu traverser les décennies. 

François Lusseyran 

 

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L’aube d’un nouvel élan

L’institution que nous nommons encore Foyer Michaël vit toujours. Le conseil de la Fondation a pris en charge l’ensemble de sa gestion pour assurer la bonne marche de cet imposant ensemble. 

Depuis le 1ᵉʳ mars, le Foyer Michaël s’engage dans une étape nouvelle avec l’arrivée de Nicolas Sialelli, nommé responsable, et de Kasia Sialelli, chargée du soutien organisationnel. Fidèle à sa mission de favoriser l’émergence d’initiatives vivantes, la Fondation leur a confié la tâche d’insuffler une dynamique nouvelle tout en respectant l’esprit du lieu. La fin de l’année d’orientation en juin 2024, qui avait permis à tant de personnes de découvrir l’anthroposophie à travers la pratique artistique, ne marque donc pas la disparition du Foyer, mais son évolution vers une structure modulable ouverte à différentes activités.

Dès leur prise de fonctions, Nicolas et Kasia ont optimisé la location des salles et l’hébergement en privilégiant un accueil personnalisé répondant aux besoins de chaque groupe. Dans ce cadre, Jérémie della Negra continue de veiller avec attention à la restauration et régale les convives avec des repas savoureux, aux menus recherchés, où se mêlent créativité, finesse et générosité. Arrivé en avril, Yves Matichard a rejoint l’équipe en tant que responsable de la maintenance. Il orchestre l’entretien courant et un programme de rénovations progressives. Son action s’inscrit pleinement dans l’engagement de la Fondation à garantir la fonctionnalité des lieux tout en les améliorant afin d’accueillir au mieux les projets à venir.

Le Foyer reçoit désormais régulièrement des séminaires, des formations et des sessions de recherche fondées sur l’anthroposophie. Plusieurs organismes de formation ont déjà choisi le domaine des Béguets pour leurs sessions résidentielles, séduits par un lieu propice à la concentration et aux échanges créatifs.

Foyer Michaël en juin 2025. Photo Nicolas Sialelli

Parallèlement, les ateliers hebdomadaires restent le cœur battant du Foyer. Ouverts à tous, ils offrent un large éventail d’expériences artistiques et corporelles : eurythmie, anthropologie générale, modelage, danse, sculpture, gravure, peinture, gymnastique Bothmer et chant choral. Animées par des intervenants passionnés, ces rencontres favorisent le dialogue entre débutants et pratiquants confirmés dans une atmosphère chaleureuse. Les échos soulignent la qualité pédagogique et l’accompagnement individualisé proposés.

Kasia supervise désormais l’intendance, veillant autant à la qualité de l’accueil des groupes qu’à la convivialité quotidienne. Nicolas, de son côté, élabore un calendrier annuel alternant stages courts, semaines d’étude et évènements culturels, offrant ainsi une visibilité nouvelle aux intervenants extérieurs et aux partenaires pédagogiques. 

La Fondation Paul Coroze se réjouit déjà des premiers résultats : fréquentation en hausse, réseaux élargis, forte satisfaction des utilisateurs et, surtout, maintien d’un lieu dédié à la croissance intérieure par l’art et la connaissance de l’être humain. Autant d’initiatives qui illustrent l’élan nouveau du Foyer Michaël et confirment la volonté de la Fondation d’accompagner des projets porteurs de sens.

La nouvelle équipe du Foyer Michaël − de gauche à droite, Yves Matichard, Nicolas et Kasia Sialelli. Photo : Jean Sialelli

Bien sûr, l’objectif de pouvoir proposer une nouvelle forme d’« Une année au Foyer Michaël », adaptée à notre temps, fait partie des projets qui tiennent le plus à cœur aux membres du conseil de la Fondation d’autant plus que cela figure explicitement parmi nos moyens d’action. Mais pour que la jeunesse (et les moins
jeunes) puisse répondre à cette offre, il faut encore attendre que la stimulation de toutes les formations portées par l’anthroposophie, stimulation à laquelle nous tâchons d’œuvrer, permette de toucher un cercle plus large, voire international. Espérons que la persévérance dans l’initiative, accompagnée de votre soutien, ouvrira au Foyer Michaël un futur aussi habité que par le passé, mais rayonnant encore d’avantage. 

 François Lusseyran

 

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Christian Valera, un ancien étudiant du Foyer Michaël, a réalisé deux interviews filmées de Vivien Della Negra d’une durée de 30 minutes chacune. 

Elle y parle de sa biographie en lien avec le Foyer Michaël, où elle a œuvré plus de 50 ans.

Accèdez aux films via les liens :

1ère partie | 2e partie | Intégrale de la rencontre avec Vivien

ou en cherchant « Vivien et le Foyer Michael, intégrale » sur la chaine « Itinéraire de vie » sur youtube.com

La série documentaire est là ! Prendre soin de l’Humain et de la Terre

Retour sur la première projection de notre série documentaire

François Lusseyran, Kaori Kinoshita et Alain Della Negra répondent aux questions du public lors de la première parisienne à L’Entrepôt.

Sur invitation de la Fondation Paul Coroze et de la Société anthroposophique en France, environ 70 personnes se sont rendues le matin du 10 mai à L’Entrepôt, un cinéma d’art et d’essai bien connu des Parisiens, pour la projection de trois des quatre films documentaires réalisés par les cinéastes Alain Della Negra et Kaori Kinoshita. À l’origine du projet, on trouve la volonté du conseil de donner plus de visibilité aux champs professionnels que la Fondation cherche à soutenir, en posant dans le paysage médiatique un témoignage vivant de leur réalité − une façon de contribuer, si possible, à leur pérennité. La concrétisation de cette volonté a été confiée à Alain et Kaori en totale liberté de trouver la forme cinématographique qui puisse au mieux témoigner. L’idée de départ était des mini-séries de 10-20 minutes. Au fil des tournages et du matériel récolté, il a évolué jusqu’à son format actuel d’environ 40 minutes pour chacun des quatre épisodes. Le conseil a découvert le résultat en même temps que les autres invités, parmi eux des professeurs qui apparaissent dans le film.

Kaori Kinoshita en tournage

Fruits de centaines d’heures de travail de contact, repérages et de tournages, les films offrent des immersions sensibles dans le quotidien de professeurs, éducateurs, paysans, artistes, étudiants, élèves, compagnons et jeunes qui ont accepté de se livrer, dans une large fresque qui met l’accent sur la résonance entre des vécus, des lieux, des paysages et des domaines centraux de l’activité humaine, chacun renouvelé à sa façon par les impulsions de Rudolf Steiner. Au-delà de l’identité des intervenants, c’est la profondeur de leur engagement qui rayonne de façon magistrale. Le rythme est comme ralenti par les gros plans des visages de ceux qui s’expriment, les vues larges sur des paysages, parfois somptueux, en contraste avec la fulgurance discrète des juxtapositions révélatrices. Un rythme puissant en résulte, expression de l’âme des situations.

Lors de cette Première, c’est le film sur la biodynamie qui a ouvert le bal, en commençant au centre de formation de Segré. Puis on suit les étudiants pendant leurs stages dans différents types d’agriculture : des fermes en biodynamie de deuxième génération, de petits collectifs de jeunes familles souvent issues de reconversions professionnelles, des éleveurs, des vignerons… On est immergé d’emblée dans la réalité de la terre, glèbe puissamment résistante et matrice des fécondités à venir. On a la joie de voir des personnes en quête de sens qui se soucient de la qualité et du bien-être du sol, des cultures, des animaux, des humains. L’axe est la constitution du domaine agricole, un champ de recherche concret vers une approche globale qui ne peut exclure la dimension sociale et même politique. Pourtant il ne s’agit pas d’idéaliser, et les difficultés s’expriment naturellement. Le travail est intense, les journées sont longues, les revenus pas toujours à la hauteur des risques et des responsabilités qu’engage nécessairement la vie. 

Le film sur la pédagogie Steiner-Waldorf commence à l’Institut Rudolf Steiner, centre de formation continue, puis nous amène dans différentes écoles où certains « étudiants » sont déjà en poste  : Verrières-le-Buisson, la Mhotte, Strasbourg. Les différentes étapes de la scolarisation sont captées par des scènes d’apprentissages, caractéristiques de l’âge concerné. Les images, l’intelligence des moments saisis, laissent une impression de vie jubilatoire. 

On voit de jeunes enfants apprendre à lire et écrire à la manière de la pédagogie Steiner. On suit de jeunes adolescents dans leur confrontation à des conditions de vie d’une autre époque lors d’une classe nature, ou encore des élèves découvrant leur capacité d’expression, en surmontant leur timidité lors d’un projet spectacle sur la chanson française. Les professeurs parlent avec enthousiasme de leur parcours et de leur démarche pédagogique. 

Le troisième film nous plonge d’abord dans l’univers des personnes handicapées et leurs accompagnants, dans des institutions de pédagogie spécialisée, notamment à Beubois (Alsace), Ruzière (Allier) et au Béal (Drôme). On découvre leur vie quotidienne de compagnons en communauté, aux travaux domestiques, à l’atelier de production, dans des loisirs encadrés tels que le chant choral ou la danse, en dialogue entre eux et avec l’éducateur. On découvre les éducateurs, leurs motivations, la richesse de leurs échanges avec les compagnons, la joie et la satisfaction que leur donne ce travail « qui a un sens ».

Suit une intense séquence sur La Clairière en Suisse, où des jeunes de 16 à 24 ans sont accueillis pendant un an, dans une démarche socio-thérapeutique. Le climat est vite tendu, les confrontations font partie du quotidien. On devine que le but est de permettre à ces jeunes d’être présents à leur propre vécu et ainsi de reprendre leur vie en main.

Dans les échanges, à la fin des trois projections, les réalisateurs ont été unanimement félicités. Certaines lacunes ont été mentionnées, des ajouts suggérés. Les réalisateurs ont apporté des éclairages sur les conditions et les contraintes des tournages notamment en lien avec le refus ou au contraire l’acceptation d’être filmé, la longueur des séquences (qui a évolué au cours du projet) et les coupures nécessaires. Le projet est en cours de finalisation. Les films sont destinés à des festivals, des projections locales, en présence des réalisateurs et de protagonistes et à la diffusion gratuite en ligne. Une projection du film sur la pédagogie a eu lieu à la foire ECOBIO d’Alsace, et d’autres sont déjà prévues, dont une à Bourbon l’Archambault. La diffusion des films est maintenant à développer et nous remercions par avance toute personne voyant une occasion intéressante de bien vouloir s’adresser aux réalisateurs : alainetkaori@gmail.com.

Il nous reste encore à découvrir le quatrième film, qui traite des formations artistiques.

Revenons sur ce qui a été la motivation du conseil de la Fondation pour se lancer dans cette aventure de révélation des vécus par l’image, projet délicat dans le contexte actuel de suspicion et d’attaques que subissent les initiatives en lien avec l’anthroposophie. Grâce à son activité de distribution d’aides à la formation, la Fondation Paul Coroze est témoin des difficultés que rencontrent certaines formations du fait d’un renouvellement trop faible des promotions d’étudiants. Face à cette évidence, le conseil de la Fondation a souhaité contribuer à une meilleure perception de la réalité offerte par les initiatives anthroposophiques. En choisissant Kaori Kinoshita et Alain-Michel Della Negra, cinéastes de talent et de confiance, nous pouvions nous en remettre à leur perception. Nous avons rapidement validé leur intention de faire un pur témoignage sans visée didactique. 

Le budget initial de 50 000 € est encore en évolution. La Fondation avait lancé des appels à dons, puis une campagne de financement participatif à l’intention des particuliers, qui est toujours ouverte. Nous remercions tous celles et ceux qui ont déjà soutenu le projet, y compris par leur soutien moral. Nous remercions tout particulièrement Arcadie, entreprise basée dans le Gard, la Humanus-Stiftung, une fondation anthroposophique bâloise, et la Software AG-Stiftung, une fondation allemande, pour leur soutien financier important. Le partenariat avec la Société anthroposophique en France (SAF) a été très précieux tant pour la réflexion sur la nature du projet que pour la promotion de la Première. Nous remercions vivement Louis Defèche qui a dès le départ coporté le projet et fait le lien avec le comité de la Société anthroposophique en France.

François Lusseyran et Jonas Lismont